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SC rejette l’offre d’Estrada de jeter les caisses restantes de barils de porc

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Publié le 29 octobre 2024. La Cour suprême des Philippines a rejeté les requêtes du sénateur Jinggoy Estrada visant à abandonner les affaires de corruption liées au scandale du « baril de porc », confirmant ainsi la poursuite de son procès.

  • Le plus haut tribunal du pays a statué que les accusations de corruption ne sont pas « absorbées » par les charges de détournement de fonds, ouvrant la voie à la poursuite des poursuites contre Estrada devant le Sandiganbayan.
  • Estrada est le dernier des trois anciens sénateurs principaux impliqués dans ce scandale à devoir encore faire face à des accusations devant les tribunaux.

MANILLE, Philippines – Le sénateur Jinggoy Estrada devra continuer à répondre des accusations de corruption devant le tribunal anti-corruption du Sandiganbayan. La Cour suprême (CS) a en effet rejeté sa demande visant à faire annuler les poursuites liées au scandale du « baril de porc ».

Dans sa décision rendue mercredi 29 octobre, rédigée par la juge associée Maria Filomena Singh, la CS a déclaré avoir rejeté les requêtes en certiorari du sénateur Estrada dans les affaires de corruption GR n° 228374-84. Le tribunal a ainsi écarté l’argument selon lequel les accusations de corruption, en vertu de l’article 3(e) de la loi de la République n° 3019, seraient « réputées absorbées » par les charges de détournement de fonds, prévues par la loi de la République n° 7080 (loi anti-détournement de fonds).

Un recours en certiorari est une procédure visant à contester une décision d’une autre instance ou à demander réparation en cas d’abus de pouvoir. S’il est accordé, il peut entraîner l’annulation d’une ordonnance ou d’une résolution.

Le sénateur est accusé d’avoir amassé une fortune illicite s’élevant à 183 793 750 P (environ 3,4 millions de dollars) sous forme de pots-de-vin ou de commissions, dans le cadre de transactions impliquant Janet Lim Napoles, surnommée la « reine de l’arnaque au baril de porc ».

En janvier 2024, le Sandiganbayan avait initialement acquitté Estrada du détournement de fonds, mais l’avait reconnu coupable d’un chef de corruption directe et de deux chefs de corruption indirecte. Il avait cependant été ultérieurement acquitté de ces charges suite à une demande de réexamen acceptée par la 5e division spéciale du tribunal en août de la même année.

Parallèlement à ses affaires de corruption, Estrada avait également contesté ses accusations de détournement de fonds devant la CS. Le plus haut tribunal a cependant également rejeté sa requête dans ce dossier. La Cour a pris acte de l’acquittement initial d’Estrada pour détournement de fonds, considérant que cela rendait sa demande de certiorari « sans objet et académique ». La CS a ainsi rejeté les requêtes GR n° 236268, 249919 et 254892 relatives aux affaires de détournement de fonds.

Parmi les trois figures politiques majeures impliquées dans le scandale du « baril de porc » – Jinggoy Estrada, Juan Ponce Enrile (actuel conseiller juridique en chef du président) et Bong Revilla (ancien sénateur) – Estrada est le seul à devoir encore faire face à des poursuites judiciaires.

Juan Ponce Enrile et Bong Revilla ont été innocentés dans toutes les affaires les concernant. Le conseiller juridique en chef du président Ferdinand Marcos Jr. a d’ailleurs obtenu son acquittement dans ses autres affaires de corruption le 24 octobre.

Corruption : une infraction distincte

Le détournement de fonds est une infraction punie par la loi de la République (RA) n° 7080, tandis que la corruption est régie par la RA n° 3019, également connue sous le nom de loi anti-corruption et pratiques déloyales.

Estrada a été inculpé pour 11 chefs de corruption, en lien avec des fonds d’un montant de 255 114 000 P (environ 4,6 millions de dollars), prétendument issus de son allocation « baril de porc » et passés par diverses fondations.

Dans sa décision, la Cour suprême a expliqué que le fait « d’accorder à une partie privée un avantage, un bénéfice ou une préférence injustifié », tel que défini par l’article 3(e) de la loi anti-corruption, ne peut être absorbé par les actes criminels sous-jacents du détournement de fonds, tels que définis par les articles 1(d)(2) et (6) de la loi anti-détournement de fonds. La CS a souligné que le détournement de fonds et la corruption sont deux infractions distinctes.

« La corruption implique l’octroi d’un bénéfice ou d’un avantage à un particulier distinct de l’agent public. Le détournement de fonds, quant à lui, est lorsque l’agent public en bénéficie directement en recevant des pots-de-vin ou en s’enrichissant de manière illicite par une combinaison ou une série d’actes manifestes. »

Cour suprême des Philippines

La Cour a en outre précisé que le principe d’absorption, selon lequel une infraction se fond dans une autre, ne s’applique pas entre la corruption et le détournement de fonds, sauf dans les rares cas où le même fonctionnaire est à la fois celui qui donne et celui qui reçoit l’avantage injustifié. La décision confirme donc que les violations de la loi de la République n° 3019 peuvent être poursuivies séparément du détournement de fonds.

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