Publié le 6 février 2026 09h45. Une nouvelle étude suédoise établit un lien possible entre l’exposition à des produits chimiques persistants, les PFAS, et un risque accru de sclérose en plaques (SEP), une maladie auto-immune fréquente. La recherche souligne également l’importance de considérer les expositions combinées à plusieurs substances chimiques et le rôle de la génétique.
- L’étude révèle que des concentrations élevées de PFAS dans le sang sont associées à un risque doublé de développer la SEP.
- L’exposition simultanée à plusieurs produits chimiques semble augmenter significativement le risque de SEP.
- La prédisposition génétique peut moduler l’impact des PFAS sur le développement de la SEP.
La sclérose en plaques, une maladie auto-immune touchant le système nerveux central, est l’une des affections neurologiques les plus répandues. Des chercheurs de l’Université d’Uppsala, en Suède, ont mis en évidence un possible facteur de risque environnemental : les PFAS, communément appelés « produits chimiques éternels ». Ces substances, présentes dans de nombreux produits de consommation courante et même dans les aliments, suscitent de plus en plus d’inquiétudes quant à leurs effets sur la santé.
Que sont les PFAS et quels sont leurs effets potentiels sur la santé ?
Les composés alkylés per- et polyfluorés (PFAS) tirent leur nom de leur extrême persistance dans l’environnement, où ils se décomposent très lentement. On les retrouve dans une vaste gamme de produits, tels que les aérosols, les solvants, les pesticides, les traitements imperméabilisants pour textiles et les plastiques. Ils peuvent également contaminer les aliments via les pesticides utilisés en agriculture, ou par le biais des agents de nettoyage des équipements de transformation alimentaire.
L’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) alerte sur les conséquences potentiellement graves de ces substances pour la santé humaine, notamment des effets néfastes sur la fertilité. D’autres études suggèrent un lien entre l’exposition aux PFAS et un risque accru de certains cancers.
Une association entre concentrations chimiques élevées et probabilité de SEP
L’étude suédoise, dont les résultats ont été publiés récemment, a porté sur des échantillons de sang provenant de 907 personnes nouvellement diagnostiquées avec la SEP et de 907 témoins sains. Les chercheurs ont mesuré les concentrations de 24 PFAS différents, ainsi que de plusieurs produits de dégradation des polychlorobiphényles (PCB).
Les résultats ont révélé que les participants présentant les concentrations les plus élevées de ces produits chimiques dans leur sang avaient environ deux fois plus de chances de développer la SEP que ceux affichant de faibles niveaux. De plus, l’exposition à plusieurs produits chimiques simultanément semblait augmenter considérablement le risque de développer la maladie.
« Les résultats montrent que lors de l’évaluation des produits chimiques environnementaux, nous ne devons pas nous limiter à des substances individuelles. En réalité, les gens sont généralement exposés à plusieurs substances en même temps. »
Aina Vaivade, Université d’Uppsala
Rôle de la génétique dans la SEP et l’exposition au SPFO
L’étude a également mis en évidence l’influence de la génétique sur le risque de SEP. Le lien entre des niveaux élevés d’acide perfluorooctane sulfonique (SPFO), un sous-groupe de PFAS, et la probabilité de SEP était plus marqué chez les individus porteurs d’une variante génétique spécifique.
Cependant, Kim Kultima, principal auteur de l’étude, souligne qu’il s’agit pour l’instant de simples corrélations statistiques et non de preuves de causalité. Des recherches plus approfondies sont nécessaires pour déterminer si les produits chimiques éternels peuvent réellement déclencher le développement de la SEP.
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