Publié le 18 février 2026 à 15h14. Une nouvelle étude révèle que le risque de développer une sclérose en plaques (SEP) pourrait être influencé dès la vie intra-utérine, notamment par la présence de diabète chez la mère et le poids de naissance de l’enfant.
- Le diabète gestationnel double le risque de SEP chez l’enfant.
- Un poids de naissance élevé est associé à une légère augmentation du risque, tandis qu’un faible poids de naissance semble le réduire.
- L’étude, basée sur les données de plus d’un million de Norvégiens, suggère que la SEP pourrait avoir des origines prénatales.
Les causes exactes de la sclérose en plaques, une maladie auto-immune affectant le système nerveux central, restent encore mal comprises. Cette nouvelle recherche, publiée dans la revue médicale JAMA Neurology, apporte un éclairage potentiel sur les facteurs de risque précoces, en suggérant que l’environnement intra-utérin pourrait jouer un rôle déterminant.
L’équipe de recherche dirigée par Katrin Wolfova de l’hôpital presbytérien de New York a analysé les données de 1 166 731 personnes nées entre 1967 et 1989 en Norvège. L’étude a suivi ces individus pendant près de 11 ans (de janvier 2009 à décembre 2019), durant lesquels 4 295 cas de SEP ont été diagnostiqués.
Les résultats ont révélé que les enfants nés avec un poids de naissance élevé présentaient un risque légèrement accru de développer la SEP (facteur de 1,13). Inversement, un faible poids à la naissance était associé à une probabilité plus faible (facteur de 0,88). Cependant, l’association la plus frappante concerne le diabète gestationnel : les enfants de mères diabétiques pendant la grossesse présentent un risque de SEP plus de deux fois plus élevé (facteur de 2,15).
Il est important de noter que l’étude n’a pas trouvé de lien significatif entre la SEP et d’autres complications de grossesse telles que les naissances prématurées, le décollement placentaire ou l’hypertension artérielle.
L’obésité et le diabète sont déjà reconnus comme des facteurs de risque de la SEP. Cette étude suggère que la vulnérabilité à la maladie pourrait se développer bien avant la naissance. Le lien entre un poids de naissance élevé et la SEP pourrait s’expliquer par une prise de poids précoce et une obésité infantile, qui sont elles-mêmes des facteurs de risque connus.
La sclérose en plaques se caractérise par des lésions nerveuses causées par une inflammation dans laquelle le système immunitaire attaque par erreur le tissu nerveux. Elle peut entraîner des limitations physiques progressives. Cette nouvelle étude ouvre des pistes de recherche intéressantes pour mieux comprendre les origines de la maladie et potentiellement développer des stratégies de prévention.