Publié le 8 février 2026 14h53. En Allemagne, la carte bancaire et les paiements numériques dominent désormais les transactions, reléguant progressivement le crédit à la consommation au second plan. Cette évolution s’accompagne d’une concurrence accrue entre les acteurs financiers et de l’émergence de nouvelles solutions de paiement.
- Près de la moitié des achats en Allemagne sont réglés par carte ou par voie numérique.
- Le nombre de cartes de crédit en circulation a diminué de près de 600 000 unités en quatre ans.
- Les monnaies numériques contrôlées par l’État, comme l’euro numérique, devraient gagner en importance à l’avenir.
Le seuil des 10 euros semble marquer une rupture dans les habitudes de paiement des Allemands. Selon une étude de l’EHI Retail Institute, publiée en 2025, les consommateurs ont tendance à privilégier le paiement par carte pour les montants supérieurs à cette somme, tandis que l’argent liquide reste roi pour les petits achats. Certains commerçants proposent même le paiement par carte uniquement à partir de 10 euros d’achat.
En 2024, les paiements par carte – incluant les cartes de crédit classiques, les cartes de débit, les cartes de chèque et les portefeuilles numériques connectés aux smartphones – ont représenté 44 % de l’ensemble des transactions de détail, pour un montant total de 314,1 milliards d’euros. Ce chiffre enregistre une hausse de 4,8 % par rapport à l’année précédente, témoignant d’une adoption croissante des solutions de paiement alternatives.
La concurrence s’intensifie dans ce secteur. De plus en plus de banques proposent des offres gratuites, tandis que des acteurs comme PayPal ou Klarna, avec leurs solutions de paiement fractionné « acheter maintenant, payer plus tard », exercent une pression supplémentaire. Selon une enquête représentative menée par Anyfin en mai 2025, 71 % des Allemands ont déjà recours au crédit à la consommation.
Cette tendance contraste avec le déclin de la popularité des cartes de crédit traditionnelles. En 2024, l’Allemagne comptait 3,4 millions de cartes de crédit, soit près de 600 000 de moins qu’il y a quatre ans. La proportion de titulaires de cartes de crédit dans le pays reste relativement faible, à 46 % de la population.
L’utilité d’une carte de crédit est désormais remise en question par de nombreux consommateurs. Katharina Lawrence, du Centre de Protection des Consommateurs de Hesse, explique :
« Une carte de crédit n’a de sens que si j’en ai réellement besoin dans une situation spécifique, par exemple pour les dépôts à l’hôtel ou lorsque des garanties sont exigées pour la location d’une voiture à l’étranger. »
Katharina Lawrence, Centre de Protection des Consommateurs de Hesse
Néanmoins, une utilisation judicieuse des cartes de crédit peut présenter des avantages, notamment en termes de solvabilité. Les comptes avec découvert autorisé et les prêts remboursés à temps peuvent améliorer le score Schufa, un indicateur clé de la fiabilité financière en Allemagne. Cependant, il est déconseillé de posséder plus de deux cartes de crédit, ce qui pourrait attirer l’attention des organismes de crédit.
Lors de la souscription d’une carte de crédit, il est essentiel de vérifier les conditions de remboursement. Katharina Lawrence souligne l’importance de s’assurer que la banque prélève automatiquement le montant total de la facture sur un compte de référence à la fin du mois, plutôt qu’une partie seulement, évitant ainsi l’accumulation d’intérêts.
Les personnes ayant peu d’expérience en matière de crédit doivent également veiller à une gestion budgétaire rigoureuse. Le marché des cartes de crédit propose également des offres douteuses, comme la souscription obligatoire à certaines assurances pour obtenir une carte.
Selon le cabinet d’audit KPMG, les solutions de paiement numériques continueront de gagner du terrain. L’entreprise prévoit une augmentation des initiatives de monnaie numérique contrôlées par l’État, telles que l’infrastructure de paiement Wero et l’euro numérique. KPMG estime que l’Allemagne dispose déjà des infrastructures numériques nécessaires pour soutenir cette évolution.
Cet article a été rédigé pour WELT et le Centre de Compétence Economique par Business Insider.
Félix Seifert est rédacteur au département affaires et innovation. Il couvre notamment les thèmes de la carrière, de la consommation, des petites et moyennes entreprises et de l’immobilier.