Publié le 2024-02-29 14:57:00. Une étude scientifique met en lumière un lien potentiel entre l’exposition au trichloréthylène (TCE), un solvant industriel courant, et le développement de la maladie de Parkinson, rejoignant les recherches sur le rôle des traumatismes crâniens dans cette affection neurodégénérative.
- Une substance chimique, le trichloréthylène (TCE), pourrait contribuer à l’augmentation des cas de maladie de Parkinson.
- Des experts de plusieurs centres de recherche américains et néerlandais ont mené l’étude, suggérant également un lien avec les traumatismes crâniens.
- L’exposition au TCE peut se produire via l’air, l’eau souterraine et la pollution intérieure, affectant potentiellement des millions de personnes.
La maladie de Parkinson, une maladie neurodégénérative touchant des millions de personnes dans le monde, reste un défi médical majeur. Bien que ses causes exactes soient encore inconnues, de nouvelles recherches suggèrent que certains facteurs environnementaux pourraient jouer un rôle crucial dans son développement. Une étude récente, publiée dans le Journal of Parkinson’s Disease, met en évidence un lien possible entre l’exposition au trichloréthylène (TCE) et l’apparition de la maladie.
Le trichloréthylène (TCE) est un solvant largement utilisé dans divers secteurs, notamment l’industrie, le grand public, l’armée et la médecine. Il est employé pour dégraisser, décaper la peinture, corriger les erreurs d’écriture, nettoyer les moteurs et, autrefois, comme anesthésique. L’étude a été menée par une équipe d’experts issus de plusieurs institutions prestigieuses, dont le centre médical de l’Université de Rochester, le centre médical de l’université Radboud, le centre d’expertise de Nijmegen sur la maladie de Parkinson et les troubles du mouvement, l’institut Weill pour les neurosciences de l’université de Californie à San Francisco et le centre de neurodégénérescence et de thérapeutique expérimentale de l’université d’Alabama à Birmingham.
Les chercheurs ont également réexaminé le lien entre les traumatismes crâniens et la maladie de Parkinson, un sujet exploré depuis plus de 50 ans. Des études sur des modèles animaux ont démontré que le TCE pénètre facilement dans le cerveau et les tissus corporels. À fortes doses, il endommage les mitochondries, les composants cellulaires responsables de la production d’énergie. Dans ces études, le TCE a provoqué une perte sélective des cellules nerveuses productrices de dopamine, une caractéristique clé de la maladie de Parkinson chez l’homme.
L’étude met en lumière le cas de sept individus, dont un ancien joueur de la NBA, un capitaine de la marine américaine et un sénateur américain décédé, qui ont développé la maladie de Parkinson après avoir été exposés au TCE. Bien que les preuves soient pour l’instant considérées comme circonstancielles, ces témoignages soulignent la difficulté d’établir un lien de causalité direct avec cette substance chimique.
L’un des cas les plus frappants concerne Brian Grant, un ancien basketteur professionnel ayant joué 12 saisons en NBA et diagnostiqué avec la maladie de Parkinson à l’âge de 36 ans. Son exposition potentielle au TCE remonte à son enfance, lorsque son père, marin, était stationné à Camp Lejeune.
Un aspect préoccupant soulevé par les auteurs de l’étude est la présence généralisée du TCE dans l’environnement. Des millions de personnes pourraient être exposées à ce produit chimique sans le savoir, via l’air extérieur, les eaux souterraines contaminées et la pollution de l’air intérieur. Le TCE peut contaminer le sol, créant des nappes phréatiques souterraines qui peuvent s’étendre sur de longues distances et persister dans le temps. Un exemple notable est une zone contaminée à Long Island, dans l’État de New York, qui s’étend sur plus de 6 kilomètres de long et 3 kilomètres de large, affectant l’eau potable de milliers d’habitants.
Les chercheurs insistent sur la nécessité de poursuivre les investigations pour mieux comprendre les mécanismes par lesquels le TCE pourrait contribuer au développement de la maladie de Parkinson et pour évaluer les risques pour la santé publique.