Cette semaine s’annonce décisive pour les marchés financiers mondiaux. Entre la publication des résultats de cinq géants technologiques américains et les décisions clés de trois banques centrales majeures, l’attention sera focalisée sur ces événements. Cependant, en toile de fond, le Trésor américain s’apprête à retirer quelque 100 milliards de dollars de liquidités du marché, une opération qui pourrait avoir des répercussions significatives.
Les échéances de remboursement sont concentrées sur la fin du mois : 26,0 milliards de dollars le 28 octobre, 25,1 milliards le 30 octobre et un montant conséquent de 58,3 milliards le 31 octobre. Ces retraits massifs interviennent alors que les marchés de financement ont déjà montré des signes de tension ces dernières semaines, se traduisant par une utilisation accrue de la facilité de prise en pension au jour le jour de la Réserve fédérale (Fed). La fin du mois, combinée à cette fuite de liquidités supplémentaire, laisse présager une remontée des taux au jour le jour et un resserrement de la disponibilité des fonds sur le marché.
Analyser l’impact précis de ces flux et reflux de liquidités sur les actifs à risque est complexe. Toutefois, une observation tend à se dégager : lorsque les volumes échangés sur le marché des pensions augmentent, notamment via les bons du Trésor, l’activité sur les pensions d’actions a tendance à diminuer. Le financement des pensions de titres est généralement porteur pour les actions en période de hausse et baissier en période de baisse. Par conséquent, une augmentation des taux et des transactions sur le marché des titres du Trésor pourrait se traduire par une pression à la baisse sur les cours des actions.
Parallèlement, la saison des résultats, qui bat son plein, marque la fin de nombreuses stratégies de « dispersion de volatilité » mises en place depuis la mi-septembre. Ce mouvement a d’ailleurs déjà commencé à se manifester ces derniers jours, avec une baisse observée de l’indice de dispersion des titres. Cet indice devrait continuer sur sa lancée au fil de la semaine, au fur et à mesure que les nouvelles publications d’entreprises arrivent. La volatilité intrinsèque des composantes du S&P 500 montre également des signes de repli, une tendance qui devrait se confirmer cette semaine.
Cette évolution pourrait entraîner une inversion des corrélations implicites, qui devraient se mettre à progresser. L’indice de corrélation implicite à un mois est d’ailleurs déjà repassé sous la barre des 8. Historiquement, lorsque les corrélations augmentent plus rapidement que la dispersion, l’écart entre les deux s’amenuise, et cela tend à peser sur les cours boursiers.
De plus, les indicateurs de volatilité réalisée demeurent à des niveaux historiquement bas. Les tendances passées ont montré que lorsque la volatilité réalisée sur trois mois commence à croître, elle est souvent suivie de nouveaux plus hauts pour le S&P 500, comme cela fut le cas en 2018 et 2020.
Vendredi dernier, le S&P 500 a connu un modeste rebond, gagnant environ 80 points de base, mais a clôturé sur une note faible. Ce schéma – une clôture faible suivie d’une ouverture en gap haussier, puis d’un comblement de ce gap – s’est répété à plusieurs reprises ces deux dernières semaines. La question désormais est de savoir si le marché comblera le gap de lundi ou celui de vendredi. La tendance suggère une probable et rapide résorption de ce décalage.
La liquidité sur les marchés s’est érodée de manière notable depuis juillet, durcissant les conditions de financement. Pendant ce temps, les stratégies de dispersion qui ont soutenu le marché depuis septembre arrivent à leur terme et devraient s’estomper, tandis que la volatilité réalisée pourrait augmenter. La seule interrogation qui demeure est de savoir si l’ensemble de ces facteurs conduira finalement au recul du marché anticipé par certains observateurs.
Quoi qu’il en soit, la réponse semble proche.