Publié le 27 août 2025. La Commission des droits de l’homme des Philippines (CHR) intensifie ses efforts pour protéger les journalistes face à la multiplication des menaces et des pressions, alors que le pays célèbre la Semaine nationale de la presse.
- La CHR appelle à des mesures plus robustes pour garantir la sécurité des journalistes et des professionnels des médias.
- L’institution renforce sa collaboration avec des organisations locales et internationales pour améliorer la coordination et l’efficacité des dispositifs de protection.
- Des formations et des dialogues régionaux sont organisés pour sensibiliser aux enjeux de la sécurité des journalistes et promouvoir un journalisme respectueux des droits de l’homme.
Dans un contexte où la liberté de la presse est de plus en plus menacée, la Commission des droits de l’homme des Philippines (CHR) réaffirme son engagement à défendre les professionnels des médias. Cette prise de position intervient alors que le pays commémore la Semaine nationale de la presse, du 8 au 14 février, une période dédiée à la reconnaissance du rôle crucial des journalistes dans une société démocratique.
La CHR met en garde contre les dangers persistants auxquels sont confrontés les journalistes, notamment les menaces, le harcèlement, la violence physique et les pressions juridiques. Selon l’institution, ces atteintes à la liberté de la presse compromettent le droit du public à l’information et entravent la capacité des journalistes à exercer leur métier en toute indépendance.
La CHR s’appuie sur le Plan d’action philippin pour la sécurité des journalistes (PPASJ) pour orienter ses actions. Elle s’engage à combler les lacunes en matière de protection des travailleurs des médias, en mettant l’accent sur la prévention, la protection juridique et physique, ainsi que sur le renforcement des politiques de sécurité.
La sécurité des journalistes ne se limite pas à leur intégrité physique, souligne la CHR. Elle englobe également la protection de leurs sources, la sécurité numérique, la liberté professionnelle et la mise en place de structures de soutien adaptées.
Pour mieux répondre aux besoins des journalistes sur le terrain, la CHR organise des rencontres et des consultations à travers le pays. Ces sessions permettent aux professionnels des médias de partager leurs préoccupations et de signaler les risques spécifiques auxquels ils sont confrontés. Les informations recueillies alimentent les stratégies de protection et les interventions politiques de la CHR.
La CHR a intégré son Forum des médias dans la caravane des droits humains « Lakbay Karapatan Tungo sa Kamalayan », dirigée par son président, Richard Palpal-latoc. Cette initiative vise à renforcer le dialogue entre les journalistes, les communautés locales et les autorités compétentes.
Afin de renforcer la mise en œuvre du PPASJ au niveau régional, la CHR a engagé des discussions avec le Centre des photojournalistes des Philippines et l’International Media Support. Des sessions de travail ont également été organisées avec le Groupe de travail présidentiel sur la sécurité des médias, notamment à Dumaguete, Baguio et Pagadian.
Le 27 août 2025, la CHR et le PTFoMS ont officialisé leur collaboration en signant un protocole d’accord visant à intensifier leurs efforts conjoints pour protéger les travailleurs des médias.
Dans le cadre de ses initiatives « Tanggol Mamamahayag », la CHR a mis en place un mécanisme d’alerte (« Alisto! ») et un groupe de travail dédié à la sécurité des journalistes. Ces dispositifs permettent de signaler rapidement les menaces et de coordonner les réponses appropriées.
La CHR propose également des formations sur l’approche du journalisme basée sur les droits de l’homme, afin de promouvoir une pratique journalistique éthique et respectueuse des principes fondamentaux des droits de l’homme.
L’institution soutient également la création de conseils de presse citoyens-médias, des espaces indépendants de dialogue et de responsabilisation éthique. Ces conseils peuvent contribuer à renforcer la confiance du public dans les médias et à promouvoir un journalisme responsable.
Au niveau législatif, la CHR plaide pour la décriminalisation de la diffamation et de la cyber-diffamation, estimant que l’emprisonnement pour ces infractions porte atteinte à la liberté d’expression et ouvre la voie à des poursuites judiciaires abusives. La CHR se réfère à l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui stipule que les sanctions pénales sont incompatibles avec le discours démocratique, et préconise le remplacement de l’emprisonnement par des recours civils proportionnés.
La CHR s’inquiète également des risques spécifiques auxquels sont confrontées les femmes journalistes, notamment le harcèlement, les menaces et les attaques numériques. Un forum dédié aux femmes journalistes en tant que défenseures des droits humains, tenu le 28 novembre 2025, a mis en évidence ces défis et souligné la nécessité de mesures de protection ciblées.
La CHR considère les journalistes comme des défenseurs des droits humains dont le travail contribue à rendre les droits visibles. Elle réaffirme que la protection des journalistes relève du devoir de l’État de protéger les défenseurs des droits humains et de garantir le droit du public à la vérité.
La Semaine nationale de la presse est célébrée chaque année au cours de la deuxième semaine de février en vertu de la Proclamation n° 161.