Publié le 26 février 2026. De plus en plus de salariés belges doutent de l’équité de leur rémunération par rapport à leurs collègues, selon une étude récente de Partena Professional, sans pour autant exprimer de mécontentement généralisé.
- En 2026, seulement 51,7 % des salariés belges se considèrent équitablement rémunérés, contre 57,1 % en 2025.
- Le groupe des salariés « sceptiques » concernant l’équité salariale est en augmentation, passant de 27,5 % à 32,6 %.
- Un écart salarial de 7 % (10,1 % dans le secteur privé) persiste entre les hommes et les femmes en Belgique, expliquant en partie ce sentiment de frustration.
Une étude menée par le prestataire de services RH Partena Professional révèle une évolution notable dans la perception de l’équité salariale en Belgique. Si le nombre de salariés se sentant « insatisfaits » reste stable (15,8 % en 2026 contre 15,5 % en 2025), c’est le groupe des « sceptiques » qui s’agrandit significativement. Cette tendance indique un changement de perception plus qu’une contestation ouverte des salaires.
« Cette évolution indique un net changement de perception. Nous n’observons pas de protestation salariale, mais c’est un signal important. Les salariés commencent de plus en plus à douter de l’équité de leur rémunération. »
Yves Stox, consultant manager chez Partena Professional
L’étude souligne également un écart de perception entre les hommes et les femmes. Les hommes ont tendance à se sentir plus souvent équitablement rémunérés, tandis que les femmes expriment plus fréquemment un sentiment neutre ou négatif. Cet écart est corroboré par les données de l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes (IGVM), qui indiquent un écart salarial global de 7 % en Belgique (après correction des heures de travail), et de 19,5 % sans cette correction. Dans le secteur privé, ces écarts s’élèvent respectivement à 10,1 % et 24,5 %.
La transparence salariale, imposée par une directive européenne, pourrait changer la donne. L’Europe exige une plus grande transparence, ce qui entraînera une prise de conscience accrue. Cependant, la transposition de cette directive en droit belge prend du temps. Le Conseil national du travail est mobilisé, et des adaptations des conventions collectives nationales et de la législation du travail pourraient être nécessaires. L’échéance est fixée au 7 juin.
« La transparence salariale peut vraiment faire la différence. Concrètement, les salariés auront droit à l’information sur leur niveau de rémunération et celui de leurs collègues occupant un poste équivalent. De plus, les employeurs devront informer les candidats du salaire et de l’échelle salariale attendus avant l’entretien d’embauche. Les salariés victimes de discrimination salariale auront également droit à une indemnisation complète, y compris les arriérés de salaire et l’indemnisation du préjudice subi. »
Yves Stox, consultant manager chez Partena Professional
Les entreprises sont donc appelées à agir pour renforcer la perception d’équité salariale et se préparer aux nouvelles exigences en matière de transparence.