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Seulement dans les Milanais, il y avait 48 cas, en lombardie 562 victimes

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Enquête sur les abus sexuels dans le clergé italien : des chiffres alarmants et des victimes délaissées

Milan, le 2 octobre 2025 – Le silence entourant les affaires d’abus sexuels commis par des membres du clergé en Italie commence à se fissurer, révélant un drame humain persistant et une prise en charge des victimes jugée insuffisante par de nombreuses associations. Des cas récents, impliquant d’anciens prêtres milanais, mettent en lumière l’ampleur du phénomène et les difficultés rencontrées par les victimes pour obtenir justice et réparation.

Le récent procès de Don Emanuele Tempesta, ancien vicaire de Busto Garolfo, condamné à 6 ans et 6 mois de prison pour abus sur des enfants âgés de 7 à 11 ans, puis cherchant à négocier une peine réduite en appel, n’est qu’un exemple parmi d’autres. Le cas de Don Mauro Galli, ancien prêtre de Rozzano, qui a évité la prison en appel pour une peine de 3 ans pour pédophilie sur un adolescent de 15 ans, illustre également la complexité de ces affaires, souvent révélées des années après les faits, laissant des cicatrices indélébiles chez les victimes et leurs familles.

Un bilan accablant en Lombardie

Les chiffres collectés par l’association Abuse Network Association dessinent un tableau sombre, particulièrement en Lombardie. Depuis l’an 2000, pas moins de 174 prêtres ont été impliqués dans des affaires d’abus sexuels, affectant un total de 562 victimes, dont 519 hommes et 43 femmes. Ces données dépassent celles fournies par la Conférence épiscopale italienne (CEI), qui recense 1 102 cas au niveau national, contre 4 619 « survivants » identifiés par l’association. La région milanaise est particulièrement touchée, avec 48 prêtres impliqués, suivie de Bergame (23) et Varese (17).

« Sur les 4 619 survivants que nous avons recensés, seuls deux ont obtenu la justice attendue des tribunaux canoniques. Un seul a été indemnisé spontanément par l’Église, tandis que les autres, qui ont pu obtenir une compensation avant la prescription grâce aux tribunaux italiens, l’ont fait par cette voie », explique Francesco Zanardi, fondateur de l’association.

Le rapport de l’association dénonce le manque de transparence des chiffres fournis par la CEI, jugés « incroyablement trompeurs » car dépourvus de dates précises, de lieux, des mesures prises par l’Église pour déplacer les coupables, des traitements subis avant leur réinstallation, de leur identité et du nombre de victimes qu’ils ont engendrées.

Des cas « submergés » par l’Église

L’analyse de l’association met en lumière la diversité des victimes, parmi lesquelles 148 prêtres, 14 catéchistes, 13 adultes vulnérables, une religieuse, un scout et deux personnes handicapées ont été victimes d’abus en Lombardie. Sur le plan judiciaire, seulement 28 condamnations définitives de prêtres ou de personnes issues de l’environnement paroissial ont été enregistrées dans cette région. Neuf cas ont été prescrits, trois négociés, et de nombreux autres classés sans suite. L’association estime que 101 cas ont été « submergés » par l’Église, et que seule une peine canonique a été prononcée au fil des ans.

Face à cette situation, l’association lance un appel urgent, soulignant que « la rapidité de la plainte est fondamentale » pour éviter le risque de prescription. Francesco Zanardi insiste sur la nécessité d’une comparaison plus précise entre les données de l’association et celles de la CEI. Il déplore les lacunes flagrantes des données officielles italiennes, qui ne comptent que 4 619 victimes survivantes, un chiffre « en décalage intense avec le nombre de victimes interrogées dans le cadre de commissions gouvernementales menées dans d’autres États », notamment pour les enfants et adolescents dont la vie a été brisée par la violence sexuelle.

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