Publié le 6 février 2024 à 11h41. La Norvège, pionnière de la voiture électrique, a enregistré un chiffre historiquement bas de ventes de véhicules à essence le mois dernier, signe d’une transition accélérée vers des modes de transport plus propres.
- Seulement sept nouvelles voitures à essence ont été vendues en Norvège en janvier.
- Les véhicules électriques à batterie (VEB) représentent désormais 95,9 % des ventes de voitures neuves dans le pays.
- Le marché de l’occasion suit également cette tendance, avec une augmentation de 22,7 % des ventes de VEB d’occasion.
La Norvège confirme son statut de leader mondial en matière d’adoption des véhicules électriques. En janvier dernier, seulement sept nouvelles voitures à essence, 29 hybrides et 98 diesel ont été immatriculées, selon les données du Conseil norvégien d’information sur la circulation routière (OFV). À titre de comparaison, plus de 2 000 VEB ont trouvé preneur au cours de la même période. Ce chiffre, bien que reflétant un marché globalement calme après une forte demande en décembre pour anticiper les hausses d’impôts en janvier, illustre la vitesse à laquelle les voitures à combustion interne disparaissent du paysage norvégien.
Geir Inge Stokke, directeur de l’OFV, nuance toutefois ces chiffres :
« Les résultats de janvier ne sont pas le signe d’un arrêt de la demande, mais le résultat de l’extraordinaire ruée finale avant la nouvelle année. Nous nous attendons à ce que les inscriptions reprennent à mesure que le marché se stabilise. »
L’essor des VEB en Norvège s’explique par une combinaison de facteurs, notamment des taxes carbone élevées, des subventions généreuses et l’absence d’un lobbying puissant pour défendre les moteurs thermiques. En 2023, les VEB ont représenté 95,9 % des ventes de voitures neuves. Cette transition s’étend désormais au marché de l’occasion, où les VEB représentent désormais un quart des ventes, en hausse de 22,7 % par rapport à janvier 2023.
Christina Bu, secrétaire générale de l’Association norvégienne des véhicules électriques, souligne que le travail ne s’arrête pas là :
« Deux personnes sur trois conduisent encore des voitures à combustible fossile. S’ils veulent avoir la possibilité de choisir des voitures électriques, nous devons être tout aussi ambitieux en 2026. »
L’exemple norvégien inspire d’autres pays européens. Le Danemark a connu une croissance spectaculaire, passant de 2 % à 68 % de parts de marché pour les VEB en une décennie. Les Pays-Bas, la Finlande, la Belgique et la Suède affichent également des taux d’adoption supérieurs à 33 %. Au-delà de l’Europe, des marchés émergents comme la Chine et l’Inde accélèrent également leur transition vers l’électrique. La Turquie a d’ailleurs rattrapé l’Union européenne en termes de taux d’adoption des VEB, et son marché de l’électricité est désormais plus important que celui de la Norvège. Les ventes de voitures électriques, y compris les hybrides, dépassent désormais celles des véhicules à moteur à combustion interne en Chine.