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Sexe, chantage et hypocrisies royales : la chute du prince Andrew

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« Le spectre du prince Andrew plane de nouveau sur la Couronne, malgré le décès de sa principale accusatrice. Trois ans après avoir accepté un accord coûteux pour clore l’affaire, la sortie prochaine d’un livre posthume de Virginia Roberts Giuffre ravive les flammes de la controverse, menaçant de jeter une ombre persistante sur la famille royale britannique. »

Le fantôme de Virginia Roberts Giuffre refait surface, secouant les fondations de la monarchie britannique. Alors que le prince Andrew est toujours sous le coup des accusations d’abus sexuels, le décès de son accusatrice principale, Virginia Roberts Giuffre, en avril dernier, semblait avoir clos le chapitre. Pourtant, la sortie imminente de son livre posthume, « Nobody’s Girl », le 21 octobre, promet de raviver la tourmente médiatique autour de la famille royale. Les révélations attendues sur les relations intimes présumées entre Giuffre, alors mineure, et le frère de Charles III, pourraient bien jeter une lumière crue sur les récents arrangements et les honneurs dont le prince a encore bénéficié.

L’affaire, déjà mouvementée, a pris un nouveau tournant le 12 octobre avec la publication d’un courriel compromettant dans le Mail on Sunday. Ce document, intégré à un dossier judiciaire datant de janvier dernier, concerne Jes Staley, ancien PDG de Barclays, un proche de Jeffrey Epstein, l’entrepreneur américain tristement célèbre pour ses crimes sexuels et son trafic de mineurs. L’e-mail, daté de février 2011, suggère fortement que les liens entre Andrew et Epstein n’avaient pas cessé en 2010, contrairement aux déclarations faites par le prince en 2019. Ces mensonges, conjugués à une hypocrisie ambiante, ont considérablement terni l’image du duc d’York.

L’histoire d’Andrew et de Virginia Roberts Giuffre est bien connue du public, bien que les détails croustillants aient alimenté le débat et enrichi la supposée victime, tout en jetant le discrédit sur le prince et en menaçant de répercussions sur l’ensemble de la lignée Windsor. En 2009, Roberts Giuffre avait signé un accord avec Epstein, stipulant qu’en échange de 500 000 dollars, elle renoncerait à toute poursuite contre toute personne associée à l’entrepreneur. Le prince Andrew figurait parmi ces personnes protégées.

La situation a basculé en 2019 avec l’arrestation d’Epstein. Une vieille photographie refait alors surface : elle montre un prince Andrew de 41 ans tenant dans ses bras une jeune Virginia, alors âgée de 17 ans et sept mois. Elle demande alors des excuses au prince pour l’avoir exploitée, cinq mois avant sa majorité, moyennant 15 000 dollars versés par Epstein. Andrew refuse de présenter des excuses et choisit à la place de s’exprimer dans une interview télévisée à la BBC. « Ce sera un succès », aurait-il confié à la reine mère. Ce fut pourtant le début de sa chute médiatique et judiciaire. Lors de cette interview, il avoue ne pas se souvenir de Virginia Roberts Giuffre et maintient d’autres déclarations mensongères. La presse et l’opinion publique se retournent contre lui. Le « héros des Malouines », le « playboy de Windsor », est déchu. Le Palais le retire de la vie publique, le forçant à renoncer à son rôle de membre actif de la famille royale. Ses filles, les princesses Beatrice et Eugenie, qui assuraient jusqu’alors une représentation digne de la couronne, en pâtissent également.

Plus grave encore, Virginia Roberts Giuffre intente un procès civil à l’encontre du prince devant la justice américaine, foulant aux pieds l’accord signé en 2009. Le juge décide de ne pas ignorer cette violation et autorise le procès.

Face à cette menace judiciaire et à l’approche du Jubilé de platine d’Élisabeth II, dernier grand événement de son règne, Charles et William imposent au prince Andrew de conclure un accord amiable avec Roberts Giuffre. D’une valeur estimée à 15 millions de dollars, cet accord visait à mettre un terme définitif à toute révélation future. Cet arrangement marque la fin des ambitions du prince, contraint de se retirer définitivement de la scène publique et de renoncer à son titre d’Altesse Royale.

Trois ans plus tard, la publication du livre posthume de Virginia Roberts Giuffre vient rappeler la fragilité de cette résolution. Pour apaiser l’opinion publique, le Palais réagit en sanctionnant sévèrement le prince, lui retirant ses titres de chevalier et l’usage du titre de duc d’York. Andrew se retrouve désormais dépouillé de presque tout, ne conservant que sa résidence, le Royal Lodge, dans le parc de Windsor, dont certains réclament également la confiscation. Sa mise à l’écart s’étend jusqu’aux célébrations de Noël à Sandringham, où il avait déjà été banni l’année précédente pour ses liens présumés avec un espion chinois. La question demeure : Virginia Roberts Giuffre a-t-elle laissé derrière elle d’autres révélations explosives susceptibles de compromettre davantage le prince Andrew, condamné à une perpétuité morale ? Le roi a néanmoins tenu à rassurer que les filles de son frère conserveraient leur statut d’Altesses Royales et de princesses, indépendamment des erreurs de leur père.

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