Home Accueil Shakes, suppléments et barres protéinés : comment ils affectent l’intestin et la santé à long terme des adolescents

Shakes, suppléments et barres protéinés : comment ils affectent l’intestin et la santé à long terme des adolescents

0 comments 155 views

Publié le 2024-12-21 10:30:00. La popularité croissante des suppléments protéinés chez les jeunes suscite des inquiétudes quant à leurs effets potentiels sur la santé intestinale et générale, malgré un manque de données scientifiques à long terme.

L’engouement pour les shakes et les barres protéinés, alimenté par la culture du fitness et l’influence des réseaux sociaux, pousse de plus en plus d’adolescents et de jeunes adultes à consommer ces produits. Si leur image est souvent celle de boosters de performance et de bien-être, des voix s’élèvent dans le milieu médical pour alerter sur les risques encourus, notamment pour le système digestif.

Le Dr James Kinross, gastro-entérologue et chirurgien colorectal consultant à l’Imperial College de Londres, exprime une vive inquiétude dans les colonnes du Times : « Ces poudres protéinées sont une mauvaise nouvelle et vraiment néfastes pour l’intestin ». Selon lui, une alimentation trop riche en protéines modifie la flore bactérienne du côlon, produisant des métabolites toxiques qui peuvent endommager la muqueuse intestinale et, potentiellement, être liés à des maladies graves.

Il met en garde contre une consommation excédant deux grammes de protéines par kilogramme de poids corporel et par jour sur de longues périodes. Ce dosage, avertit-il, augmenterait le risque de calculs rénaux, de lésions hépatiques, d’acné, de troubles de l’humeur et du syndrome de l’intestin irritable.

L’expert en fitness Joe Wicks et le Dr Chris de Tulleken, professeur associé à l’University College London, ont collaboré pour mettre en lumière les dangers des aliments ultra-transformés, souvent promus sous l’égide des protéines. Une expérience menée par le Times a révélé qu’une barre protéinée pouvait contenir jusqu’à 96 ingrédients, dont certains sont légalement autorisés mais associés à des risques pour la santé, tels que les accidents vasculaires cérébraux ou les décès prématurés.

« Les protéines sont devenues omniprésentes : dans les yaourts, les chips, les barres chocolatées. Mais beaucoup contiennent des additifs, des produits chimiques, des édulcorants, des émulsifiants. Fondamentalement, ce ne sont que des produits chimiques, juste des poudres. Ils ne contiennent aucun aliment », a souligné Wicks.

La composition des suppléments protéinés est hétérogène. Le lactosérum (whey) sous ses différentes formes (isolé, concentré, hydrolysé) est l’un des ingrédients les plus courants. D’autres sources incluent la caséine, le collagène hydrolysé, ainsi que des alternatives végétales à base de pois, soja, riz brun ou graines.

Les experts recommandent de se méfier des poudres et barres contenant des édulcorants, émulsifiants, arômes ou épaississants ajoutés. Par ailleurs, le risque de contamination par des substances nocives préoccupe. Une analyse aux États-Unis a montré que près de la moitié des marques populaires dépassaient les seuils de sécurité recommandés pour les métaux lourds, le bisphénol A, les pesticides et autres contaminants.

Fait préoccupant, les produits « bio » ou « végétaux » ne sont pas épargnés. « Les poudres de protéines végétales contenaient trois fois plus de plomb que les alternatives à base de lactosérum, et les poudres de protéines aromatisées au chocolat contenaient quatre fois plus de plomb que celles à la vanille », alerte le Dr Kinross.

Concernant les alternatives végétales, comme celles à base de pois ou de soja, elles peuvent offrir des fibres et des isoflavones bénéfiques pour le microbiote intestinal, favorisant une digestion plus lente et un soutien aux bactéries bénéfiques. Cependant, le risque de contamination aux métaux lourds persiste.

Face à ces constats, les spécialistes insistent sur l’importance de privilégier une alimentation naturelle, variée et riche en fibres. Si l’usage de poudres protéinées est envisagé, il est conseillé de les intégrer dans des préparations maison avec des ingrédients frais tels que le lait, la banane, le yaourt grec, le miel ou l’avoine, afin de créer une matrice alimentaire plus saine.

Ils rappellent que la majorité des adolescents et jeunes adultes peuvent satisfaire leurs besoins en protéines par une alimentation équilibrée incluant poulet, œufs, viande, yaourts et légumineuses, sans recourir systématiquement à des suppléments.

La quête d’un physique musclé ne doit pas se faire au détriment de la santé intestinale, un pilier essentiel du bien-être à long terme.

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.