Publié le 05 novembre 2023 15:00:00. Suite à des accusations de la DGCCRF concernant la vente de poupées à l’apparence enfantine, le géant chinois de la fast-fashion Shein a retiré ces articles de sa plateforme et promis des mesures renforcées. Le gouvernement français a d’ailleurs menacé d’interdire l’accès à son marché en cas de récidive.
- La DGCCRF a pointé du doigt la vente de « poupées sexuelles à l’apparence enfantine » sur le site de Shein.
- Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a mis en garde contre une possible interdiction de la plateforme en France.
- Shein a supprimé les produits incriminés et renforcé ses contrôles sur les vendeurs tiers.
L’incident a éclaté samedi lorsque la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF) a rendu publiques ses accusations à l’encontre de Shein, dénonçant la présence de « poupées sexuelles à l’apparence enfantine » sur la boutique en ligne. La DGCCRF a par la suite transmis sa plainte à la justice. Face à l’ampleur de la polémique, l’entreprise a rapidement réagi en retirant les articles mis en cause de son site.
Le ministre français de l’Économie, Roland Lescure, a exprimé sa fermeté, déclarant : « Si cela se reproduit, nous avons le droit d’interdire l’accès de la plateforme Shein au marché français, et je le demanderai également. »
Vendeurs tiers dans le viseur
Dans un communiqué de presse, Shein a indiqué avoir supprimé toutes les publicités et images relatives aux poupées sexuelles. Le président de l’entreprise, Donald Tang, a personnellement « assumé l’entière responsabilité » de cet incident, tout en soulignant que la publicité incriminée provenait de vendeurs externes. Pour éviter que de telles situations ne se reproduisent, l’entreprise a précisé avoir élargi sa liste de mots-clés interdits afin de « contrer toute tentative des vendeurs de contourner les règles », une mesure appliquée mondialement. De plus, la catégorie « produits pour adultes » a été temporairement suspendue.
Manifestation contre l’arrivée de Shein à Paris ©AP
Une ouverture sous tension
Cette affaire intervient alors que Shein s’apprête à ouvrir sa première boutique physique à Paris, rue de Rivoli, ce mercredi. L’arrivée du géant chinois de l’e-commerce suscite déjà une vive opposition, avec plusieurs manifestations organisées. Shein est régulièrement critiqué pour concurrence déloyale, impact environnemental et conditions de travail jugées inadéquates pour ses employés.
Parallèlement, l’agence française antifraude a également saisi la justice lundi concernant des produits similaires trouvés sur la plateforme AliExpress. Un porte-parole d’AliExpress a assuré que « les publicités en question ont été supprimées dès que nous en avons eu connaissance ».
Le rapport de la DGCCRF sur la vente de poupées sexuelles