Publié le 2025-11-04 12:21:00. Les agents de sécurité afghans ayant travaillé pour des entreprises locales aux Pays-Bas ne seront pas accueillis dans le pays, a tranché la justice néerlandaise, invoquant l’absence d’obligation de diligence de l’État. Cette décision suscite la controverse et la colère de l’opposition, qui estime que les Pays-Bas ont une « dette d’honneur » envers ces individus.
- La justice néerlandaise a rejeté la demande d’asile des agents de sécurité afghans, arguant que la loi afghane s’applique et que les Pays-Bas n’ont aucune obligation légale envers eux.
- Contrairement aux gardes de sécurité hongrois, qui ont pu quitter l’Afghanistan en 2021 grâce à leur citoyenneté européenne, les Afghans ne bénéficient pas de ce statut protecteur.
- Malgré une demande de la Chambre des représentants en 2021 d’évacuer les Afghans ayant travaillé pour le gouvernement néerlandais, une décision différente a été prise par le gouvernement actuel.
La décision du tribunal néerlandais repose sur une interprétation stricte de la loi. Les agents de sécurité afghans, employés par une entreprise locale, sont considérés comme relevant de la juridiction afghane. La justice a souligné que les Pays-Bas n’avaient ni autorité ni responsabilité directe sur ces individus, contrairement à ce qui a pu être fait pour les citoyens de l’Union européenne dans une situation similaire. L’argument avancé par certains agents, selon lequel leurs vies seraient en danger sous le régime actuel des talibans, n’a pas suffi à faire évoluer la décision.
Cette position gouvernementale contraste avec la volonté exprimée par une partie du paysage politique néerlandais. La Chambre des représentants avait, dès août 2021, interpellé le gouvernement pour qu’il prenne des mesures en faveur des Afghans ayant collaboré avec les autorités néerlandaises, tels que des interprètes, des gardes ou des chauffeurs. Le précédent cabinet Rutte avait même qualifié ce groupe de gardes de « groupe à risque » susceptible de bénéficier d’une aide. Cependant, le gouvernement actuel, sur le départ, a statué différemment, déclenchant un vif débat parlementaire.
La députée Kati Piri (GroenLinks-PvdA) a récemment déposé une nouvelle motion visant à faire venir ce groupe d’agents en territoire néerlandais. Bien que les partis soutenant cette initiative n’aient pas obtenu la majorité lors des votes précédents, ils espèrent désormais pouvoir faire entendre leur voix avec la composition de la nouvelle Chambre qui prendra ses fonctions prochainement. L’opposition dénonce un manque de reconnaissance et une dette morale envers ces personnes qui ont potentiellement mis leur vie en péril en travaillant pour des intérêts néerlandais.