Publié le 2024-03-05 10:30:00. Un élu irlandais au Parlement européen a vivement dénoncé la mise en vente de produits évoquant la maltraitance infantile sur la plateforme de commerce électronique Shein, appelant à un renforcement des régulations européennes pour les détaillants en ligne.
- Barry Andrews, député européen du Fianna Fáil, a qualifié la vente de poupées sexuelles enfantines sur Shein de violation des obligations morales et légales de protection de l’enfance.
- Il a souligné que la présence de tels articles sur les marchés européens témoigne d’un laxisme réglementaire et appelle à la responsabilité de Shein, dont le siège européen est basé à Dublin.
- L’élu a également mis en lumière les lacunes générales dans la surveillance du secteur de la fast fashion par l’Union européenne, malgré l’entrée en vigueur de la loi sur les services numériques.
Barry Andrews a exprimé sa consternation face à la découverte de produits, tels que des poupées sexuelles à l’effigie d’enfants, disponibles à la vente sur le site du géant chinois du commerce électronique Shein. Selon lui, cette situation est « inquiétante » et constitue « une condamnation choquante des règles laxistes des marchés en ligne ». Il a fermement déclaré que de tels articles n’ont « pas leur place sur les marchés européens, ni nulle part ailleurs dans le monde », car leur diffusion alimente l’exploitation des enfants et contrevient aux devoirs de protection des plus jeunes, tant sur le plan moral que légal.
L’eurodéputé a rappelé que la Commission irlandaise de la concurrence et de la protection des consommateurs ainsi que Coimisiún na Meán ont une responsabilité particulière dans la protection des consommateurs européens, étant donné que le siège européen de Shein est établi à Dublin. Il a insisté sur la nécessité de tenir l’entreprise pour responsable de ces agissements.
Élargissant son propos au secteur de la fast fashion en ligne, Barry Andrews a pointé du doigt les « graves lacunes réglementaires » au sein de l’UE pour superviser cette industrie. Bien que la loi sur les services numériques (DSA) vise à renforcer la sécurité en ligne, la nature même de ces plateformes permet encore la commercialisation de produits « inquiétants et illégaux ». L’élu a qualifié ce phénomène d’« exploitation plus large au sein de l’industrie », et non d’un incident isolé. Il a également souligné les liens indéniables entre la fast fashion, les violations des droits humains et la dégradation de l’environnement, citant l’exploitation des travailleurs du textile et la production massive de déchets comme des réalités bien documentées. Pour y remédier, il a plaidé pour des réglementations plus strictes concernant la responsabilité des entreprises et les chaînes d’approvisionnement, imposant une transparence obligatoire à tous les niveaux.
Dans ce contexte, Barry Andrews a préconisé l’instauration d’une taxe de 5 euros par achat sur la mode ultra-rapide provenant de Chine, se démarquant ainsi de la proposition d’une taxe de 2 euros. Il a conclu en affirmant que si cette situation n’incite pas à une action immédiate pour contrer les effets néfastes de plateformes comme Shein, « alors rien ne le fera ».
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