Publié le 2026-02-13 17:38:00. Face à une grave pénurie de carburant, Cuba se retrouve au bord du gouffre économique et humanitaire. Le Mexique s’est proposé d’agir comme pont aérien pour acheminer de l’aide et faciliter l’approvisionnement en kérosène, tout en cherchant des solutions diplomatiques pour rétablir les livraisons de pétrole.
La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a annoncé vendredi une initiative visant à aider Cuba à surmonter sa crise actuelle. Elle a proposé que son pays serve de point de transit aérien pour permettre à Cuba de recevoir de l’aide humanitaire par voie aérienne, en particulier en permettant aux compagnies aériennes de s’approvisionner en kérosène, une ressource rare sur l’île.
« Si Cuba le demande, ces conditions seront bien sûr remplies », a déclaré la présidente Sheinbaum, soulignant que les vols entre le Mexique et Cuba se poursuivent. Elle a précisé que les compagnies aériennes pourraient se ravitailler au Mexique, où le kérosène est disponible, et continuer leur route vers Cuba. « Ils peuvent charger, ils peuvent venir au Mexique. En fait, les vols mexicains des compagnies aériennes mexicaines ne sont pas fermés à Cuba parce qu’il y a du kérosène ici et c’est très proche », a-t-elle ajouté, avec une pointe d’humour, en précisant que le carburéacteur serait payant.
Cette proposition intervient alors que Cuba est confrontée à une crise énergétique majeure, exacerbée par le blocus américain et les difficultés d’approvisionnement en pétrole. Lundi dernier, les autorités cubaines ont annoncé qu’elles ne pouvaient plus garantir le carburant nécessaire aux avions, ce qui a conduit à la suspension immédiate des vols d’Air Canada et au rapatriement de ses touristes. Cette situation menace de porter un coup fatal au tourisme, une source essentielle de devises pour l’économie cubaine.
Les navires transportant l’aide humanitaire envoyée par le Mexique, principalement de la nourriture et des fournitures de première nécessité, ont mis quatre jours à atteindre Cuba. L’ouverture d’une voie aérienne permettrait d’accélérer considérablement la livraison de ces biens essentiels, alors que l’île traverse l’un des moments les plus critiques de sa crise.
Parallèlement, le gouvernement mexicain s’efforce de trouver une solution diplomatique avec les États-Unis et l’ambassade de Cuba pour reprendre les expéditions de pétrole de Pemex, interrompues mi-janvier en raison des menaces de sanctions de l’administration Trump et des pressions internes au sein du parti Morena.
L’ONU a également exprimé sa vive inquiétude face à la situation à Cuba. La porte-parole de l’organisation, Marta Hurtado, a mis en garde vendredi contre le risque d’un effondrement humanitaire en raison du manque de pétrole.
« Nous sommes très préoccupés par la crise socio-économique que traverse Cuba et ses répercussions sur les droits humains des Cubains »,
Marta Hurtado, porte-parole de l’ONU
Elle a souligné que les services essentiels – électricité, santé, alimentation, eau – dépendent des combustibles fossiles et que le blocus affaiblit la capacité de l’État à répondre aux besoins fondamentaux de la population. « Nous réitérons notre appel à tous les États pour qu’ils lèvent les mesures sectorielles unilatérales en raison de leur impact large et aveugle sur la population. Les objectifs politiques ne peuvent justifier des actions qui en elles-mêmes violent les droits de l’homme », a-t-elle insisté.

