Publié le 2025-11-03 17:36:00. La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a exprimé des doutes quant à l’authenticité de la manifestation nationale prévue le 15 novembre à Mexico, la qualifiant de potentiellement manipulée par des intérêts politiques et des campagnes financées.
Le président Claudia Sheinbaum a mis en doute, ce lundi, la légitimité de la marche nationale convoquée par le mouvement Génération Z Mexique pour le 15 novembre prochain à Mexico. Elle a suggéré que des « intérêts politiques » pourraient se cacher derrière cet appel, loin d’une mobilisation citoyenne spontanée.
« La manifestation qui est censée être convoquée par les jeunes d’une génération n’a rien à voir avec une véritable protestation. Voyons quels témoignages en font la promotion, car elle ne vient pas des jeunes, mais des mêmes personnes, comme toujours », a-t-elle déclaré lors de sa conférence matinale.
Claudia Sheinbaum, Présidente
Claudia Sheinbaum Prado a affirmé que cette mobilisation ne relève pas d’un effort citoyen légitime, mais s’inscrirait dans une « campagne coordonnée depuis les réseaux sociaux » visant à discréditer le gouvernement qu’elle représente. Elle a précisé avoir ordonné une enquête sur les flux financiers liés à la promotion numérique de cette marche, estimant qu’« il y a beaucoup d’argent en jeu » pour propager des mensonges et créer des tendances artificielles.
Dénonciation de « campagnes financées »
La présidente a dénoncé l’existence de groupes qui, sous couvert d’indépendance, seraient liés à « un conservatisme des plus extrêmes ». Selon elle, ces acteurs chercheraient à semer la confusion et à générer un climat de mécontentement basé sur de fausses informations. Claudia Sheinbaum soutient que ces stratégies visent à exploiter le mécontentement social des jeunes à des fins politiques et électorales.
L’appel de Génération Z Mexique
Le mouvement Génération Z Mexique (@somosgeneracionmx) a diffusé un appel à manifester sur les réseaux sociaux, proposant un rassemblement devant l’Ange de l’Indépendance avant de marcher vers le Zócalo, la place principale de la capitale.
Les organisateurs expliquent que leur objectif est de protester contre la corruption, d’exiger plus de transparence et de renforcer la démocratie. « Nous sommes des jeunes qui aimons profondément notre pays et nous en avons assez de la même corruption et des mêmes abus », peut-on entendre dans la vidéo officielle du groupe.
Le collectif assure n’avoir aucun lien avec des partis politiques ou des idéologies, affirmant que sa seule ambition est de « sensibiliser les citoyens ». Dans leur manifeste, ils déclarent : « Nous ne sommes ni de gauche ni de droite. Nous sommes la génération qui en a eu assez de baisser la tête ».
Contexte : assassinats et manifestations au Michoacán
Ces déclarations interviennent dans un contexte tendu, suite aux violents événements du week-end à Morelia, dans le Michoacán. Une marche citoyenne pour la paix a dégénéré en émeutes après l’ assassinat du maire d’Uruapan, Carlos Manzo Rodríguez.
La présidente a reconnu que « l’indignation du peuple est compréhensible », tout en appelant à ne pas instrumentaliser cette tragédie à des fins politiques ou de propagande. « Nous devons faire preuve de sensibilité face à la situation, mais une tragédie de ce type ne peut être utilisée pour discréditer le gouvernement. C’est une question de respect », a-t-elle insisté.
Lors de la marche du dimanche 2 novembre, un groupe d’individus masqués a fait irruption dans le Palais du gouvernement du Michoacán, causant des destructions et des affrontements avec la police d’État. Plusieurs journalistes ont été blessés et une douzaine de jeunes ont été interpellés.