Le joueur des LA Clippers, Darius Garland, plaide pour une transformation radicale de la transparence et de la responsabilité des arbitres en NBA, suggérant notamment l’instauration de conférences de presse d’après-match et de sanctions financières en cas d’erreurs manifestes.
Invité sur le podcast de Lonzo Ball, le double All-Star a exprimé son mécontentement face au manque de visibilité entourant les décisions arbitrales. Selon lui, les officiels devraient être soumis à un niveau d’exigence similaire à celui des joueurs, qui doivent répondre aux questions des médias après chaque rencontre, quel que soit le résultat ou leurs erreurs personnelles.
« Je pense que les arbitres devraient, eux aussi, tenir une conférence de presse après le match. Parce qu’ils ratent beaucoup de choses. […] Ils sont humains, certes, mais ils ratent beaucoup de choses. »
Darius Garland, arrière des LA Clippers
Au-delà de la communication, Garland a également évoqué la possibilité d’imposer des amendes aux arbitres pour des erreurs d’arbitrage flagrantes. Il souligne ainsi un déséquilibre : alors que les joueurs sont régulièrement sanctionnés financièrement pour des fautes techniques ou d’autres infractions, les arbitres restent largement à l’abri de la sphère publique.
« Ils devraient certainement être amendés. »
Darius Garland, arrière des LA Clippers
Actuellement, la NBA tente d’assurer un certain suivi via les rapports des deux dernières minutes (Last Two Minute reports), qui analysent les décisions dans les matchs serrés (écart de trois points ou moins) durant la fin de rencontre. Cependant, ce système est jugé insuffisant par nombre de joueurs et de supporters, car il ignore les décisions controversées survenant plus tôt dans le match.
Si les arbitres font l’objet d’évaluations internes par le département des opérations d’arbitrage de la ligue — evaluations qui influencent les affectations pour les playoffs et les finales —, ces processus demeurent confidentiels. Cette opacité contraste avec la transparence attendue dans d’autres sports professionnels, comme en NFL où certains officiels s’expriment occasionnellement via des reporters désignés.
L’intelligence artificielle pour réduire l’erreur humaine
Face aux critiques, le commissaire de la NBA, Adam Silver, mise sur l’innovation technologique plutôt que sur des sanctions. Lors d’une intervention sur le Pat McAfee Show, Silver a annoncé le déploiement futur d’un système automatisé basé sur l’intelligence artificielle pour gérer les décisions dites « objectives », comme les sorties de balle.
« Comme pour les fans de tennis, ce qu’ils appellent le Hawk-Eye. C’est comme une animation, et on voit rapidement où était la ligne… Nous allons passer à un système comme celui-là, où cette catégorie de décisions sera automatique. »
Adam Silver, commissaire de la NBA
L’objectif est de décharger les arbitres de ces décisions techniques et répétitives pour qu’ils puissent concentrer leur énergie sur les appels plus complexes. Ce système permettrait non seulement une précision instantanée et sans controverse, mais offrirait également un avantage aux entraîneurs, qui n’auraient plus à gaspiller leurs challenges sur des détails triviaux.
Toutefois, l’automatisation ne réglera pas tout : les fautes de tir ou les fautes d’interférence (goaltending), qui restent subjectives et peuvent basculer l’issue d’un match, demeureront sous la responsabilité humaine. C’est précisément sur ces points critiques que Darius Garland estime qu’une véritable reddition de comptes est nécessaire.