Les médecins tirent la sonnette d’alarme : l’engouement pour les vélos électriques, à Hawaï comme en Nouvelle-Angleterre, se traduit par une vague de blessures graves chez les jeunes utilisateurs. Ces engins, bien plus rapides que les bicyclettes traditionnelles, multiplient les risques d’accidents aux conséquences potentiellement dramatiques.
« Nous constatons plusieurs fractures et luxations par semaine suite à des chutes à vélo électrique dans notre clinique », alerte le Dr Lael Luedtke, directrice médicale de Shriners Children New England. Les professionnels de santé observent une recrudescence des traumatismes crâniens, certains pouvant malheureusement être fatals. Le port du casque, la vigilance quant à son environnement et l’absence de distractions sont rappelés comme des impératifs absolus. Si certaines localités ont instauré un âge minimum pour l’utilisation de ces vélos, d’autres les autorisent à tous les âges.
Les statistiques confirment cette tendance inquiétante. Les blessures liées aux vélos électriques ont connu une croissance exponentielle au cours des cinq dernières années, parallèlement à une augmentation constante des ventes. Atteignant des vitesses comprises entre 32 et 45 km/h, ces vélos génèrent des impacts bien plus sévères qu’un vélo classique, propulsé uniquement par la force des pédales. L’ajout d’un moteur électrique transforme radicalement le comportement de l’engin.
Au-delà des chutes ou des obstacles imprévus sur la voie, le Dr Byron Izuka, chirurgien orthopédiste pédiatrique chez Shriners Children’s Hawaï, souligne le danger croissant des collisions avec les automobiles. La vitesse accrue des vélos électriques augmente significativement le risque pour un enfant de se retrouver en travers de la route d’un véhicule en mouvement, sans avoir le temps ou la capacité de freiner ou de réagir.
« À Hawaï, nous avons constaté une utilisation massive des vélos électriques, accompagnée d’une augmentation troublante des blessures graves, y compris des décès », témoigne le Dr Izuka. « Ces vélos peuvent atteindre des vitesses comparables à celles d’une voiture dans une zone scolaire, mais les enfants les conduisent sans casque, sans formation et sans réelle conscience des dangers. C’est une combinaison explosive. Il ne s’agit pas de jouets, mais de véhicules puissants qui exigent respect et responsabilité. »
Les deux spécialistes insistent sur le fait que la conduite d’un vélo électrique requiert des compétences différentes de celles d’un vélo traditionnel. Bien que la pratique idéale reste le vélo classique, les parents qui font don d’un vélo électrique à leur enfant devraient impérativement échanger avec eux sur les conseils de sécurité avant de les laisser s’aventurer sur les routes et les trottoirs.