Publié le 2025-10-08 09:01:00. Le nouveau président de l’Agence nationale de santé supplémentaire (ANS), Wadih Damous, a accordé une interview à Globo pour détailler ses priorités : la régulation des plans de santé individuels et collectifs, ainsi que la résolution de la crise chez Unimed Rio.
- Wadih Damous souhaite un débat large autour de la révision des règles d’ajustement des contrats individuels et collectifs.
- La priorité absolue est de normaliser les services d’Unimed Rio afin de garantir l’accès aux soins, notamment pour les patients atteints de maladies graves.
- Le nouveau dirigeant critique le budget actuel de l’ANS, jugé insuffisant pour remplir ses missions.
Depuis son entrée en fonction en septembre, Wadih Damous, un avocat, a fait de la résolution des difficultés de l’opérateur Unimed Rio l’une de ses principales préoccupations. Il estime que la faible offre de plans de santé individuels contraint les familles à se tourner vers des formules collectives, souvent dépourvues de règles claires concernant les ajustements et les résiliations. Les opérateurs doivent indiquer clairement qu’ils opèrent « en dehors de la réglementation » pour ces derniers, a-t-il souligné lors d’un entretien accordé à Globo.
Le président de l’ANS envisage une réglementation de l’augmentation des « plafonds » des contrats individuels et souhaite que les règles d’ajustement des contrats collectifs soient débattues. « Je veux mettre tout le monde à la table du débat et de la négociation. Mais s’il faut imposer une réglementation, nous le ferons », a-t-il affirmé.
Cela fait dix ans que les plans de santé n’ont pas connu d’augmentation significative, malgré une stagnation du nombre d’utilisateurs autour de 50 millions. Selon M. Damous, cette situation s’explique par la fin de l’offre de plans individuels, une stratégie adoptée par les opérateurs pour contourner les réglementations sur les ajustements et les résiliations. « C’était un moyen pour les opérateurs de contourner la réglementation, car les collectifs n’en ont pas », a-t-il expliqué, ajoutant que cette situation nuit aux opérateurs eux-mêmes, car les portefeuilles vieillissent sans être renouvelés par de nouveaux adhérents. La consolidation du secteur, avec le rachat d’hôpitaux et de laboratoires par de grands groupes, tend également à faire disparaître les petits plans, réduisant ainsi l’offre.
Face à ce constat, le dirigeant estime qu’il est nécessaire « d’élargir l’offre des plans individuels ». Il appelle les opérateurs à expliquer clairement pourquoi ils ne commercialisent plus ces formules, tout en dénonçant le recours aux « faux collectifs » qui obligent les familles à créer une entreprise pour obtenir une assurance maladie. Damous dénonce l’asymétrie d’information et de pouvoir entre les familles et les grandes entreprises dans les négociations sur les tarifs des plans collectifs.
La régulation des augmentations de tarifs des contrats individuels, que les entreprises souhaitent ardemment, est à l’ordre du jour. Cette révision technique permettrait aux entreprises de justifier des ajustements plus importants en cas de difficultés financières, mais elle devrait être contrebalancée par une reprise de l’offre de plans individuels. « Je ne suis pas contre la révision technique, mais c’est quelque chose qui se produit », a-t-il précisé, faisant référence aux négociations passées avec Unimed Rio.
Concernant les règles d’ajustement des plans collectifs, le débat a été suspendu par la justice. Le président de l’ANS rappelle que l’agence ne peut renoncer à son rôle réglementaire et que la loi prévoit un large débat avec les institutions avant toute décision. « Je veux mettre tout le monde à la table du débat et de la négociation. Mais s’il faut imposer une réglementation, nous le ferons », a-t-il réitéré.
Les entreprises prônent des plans basés uniquement sur les consultations et les examens. Ce type de produit a été vivement critiqué par les associations de consommateurs, faute de consensus. Le sujet est à l’ordre du jour, mais nécessite un débat plus approfondi.
Parmi les priorités de la direction, Wadih Damous cite la prévention en santé, un domaine sur lequel l’ANS tente d’agir depuis sa création sans succès notable. Il souhaite engager le dialogue avec les opérateurs, car une meilleure prévention serait bénéfique pour les entreprises à moyen et long terme, se traduisant par des tarifs plus bas. Les urgences, telles que la situation d’Unimed Rio, figurent également en tête de liste. « Il n’est pas possible de laisser des gens mourir d’un cancer faute de soins », a-t-il martelé.
La direction technique de l’ANS travaille sur la résolution de la crise d’Unimed Rio. La position de M. Damous, qui devrait être partagée par la commission collégiale, est que le système Unimed doit prendre en charge les usagers d’Unimed Rio. Cela implique leur responsabilité de garantir le service, y compris le paiement des dettes si nécessaire.
Une migration du portefeuille d’Unimed Rio vers une autre entité du système Unimed est envisagée. La proposition est que le système Unimed prenne en charge les clients d’Unimed Rio situés hors de l’État de Rio, soit environ 50 000 personnes. « Sinon, ce sera la fin d’Unimed Rio, et cela n’intéresse personne », a-t-il ajouté, soulignant le risque que ces assurés soient refusés par d’autres opérateurs en raison de leur profil de risque.
Concernant la décision de la Cour Suprême d’élargir la couverture des procédures hors liste, Wadih Damous se rallie à l’avis du ministre Flávio Dino. Il craint que la position inverse, prônée par le ministre Luís Roberto Barroso, n’entraîne une augmentation de l’insatisfaction des consommateurs et une recrudescence des plaintes devant les tribunaux et à l’ANS, en restreignant d’une certaine manière l’accès aux soins.
L’excès de judiciarisation dans le secteur, avec plus de 185 000 actions intentées cette année, est considéré comme une défaite pour l’ANS. Beaucoup de citoyens ignorent l’existence des notifications d’intermédiation préliminaire (NIP), un outil de plainte auprès de l’agence. Or, de nombreux problèmes pourraient être résolus via ce canal, évitant ainsi de recourir à la justice, même pour des cas urgents comme des chirurgies ou des traitements non autorisés par les plans.
Le budget de l’ANS, comme celui d’autres régulateurs, traverse une période difficile. M. Damous a souligné que le budget actuel est inférieur à celui d’il y a dix ans, entraînant des problèmes de personnel et d’équipement. Il plaide pour une prise de conscience du gouvernement quant à l’importance de l’agence et espère pouvoir discuter d’un diagnostic et d’une proposition concrète avec les ministres Padilha et Esther Dweck.