L’aménorrhée hypothalamique fonctionnelle (FHA), une interruption des règles souvent liée au stress, aux troubles alimentaires ou à une activité physique intense, peut avoir des conséquences graves sur la densité osseuse. Une nouvelle étude britannique révèle qu’un traitement hormonal spécifique, administré par voie transdermique, pourrait être la solution la plus efficace pour prévenir la fragilité osseuse chez les femmes concernées.
Selon une analyse exhaustive de 692 femmes souffrant de FHA, menée par une équipe de l’Imperial College de Londres, l’hormonothérapie substitutive (THS) appliquée sur la peau permet d’augmenter la densité osseuse de la colonne vertébrale et du fémur de 2 à 13 %. En revanche, les hormones ou contraceptifs oraux se sont révélés peu efficaces pour améliorer la densité osseuse.
La FHA se manifeste lorsque le corps cesse de produire suffisamment d’hormones reproductives en raison d’un déséquilibre énergétique ou d’un stress excessif. Les causes peuvent être multiples : régimes restrictifs, troubles du comportement alimentaire (anorexie, boulimie), activité physique excessive, manque de sommeil, travail posté, ou consommation importante de caféine, de nicotine et d’alcool. Ce phénomène touche de plus en plus de femmes modernes, soumises à des modes de vie souvent exigeants.
L’étude a également comparé l’efficacité du tériparatide, un traitement contre l’ostéoporose, à celle de la THS transdermique. Si le tériparatide s’est avéré efficace pour améliorer la densité osseuse de la colonne vertébrale, il n’a pas eu le même impact positif sur le fémur que la THS.
Les chercheurs soulignent que la moitié des femmes atteintes de FHA présentent déjà une faible densité osseuse, ce qui augmente considérablement leur risque de fractures – jusqu’à sept fois supérieur à celui des autres femmes. Un audit récent au Royaume-Uni a révélé qu’environ un quart des femmes souffrant de FHA se voyaient encore prescrire des contraceptifs oraux, malgré leur efficacité limitée dans ce contexte.
« La priorité absolue reste la prise en charge nutritionnelle, psychologique et physique pour favoriser la reprise des cycles menstruels », expliquent les experts. « Cependant, lorsque cette approche est difficile à mettre en œuvre pour toutes les patientes, la THS transdermique peut constituer une alternative importante. »
L’équipe de recherche insiste sur la nécessité d’un diagnostic et d’une prise en charge précoces : « La FHA est fréquente, mais elle est souvent mal diagnostiquée et traitée. Une intervention rapide est essentielle pour protéger la santé des os. »
Les résultats de cette étude, intitulée « Interventions pharmacologiques pour améliorer la densité osseuse dans l’aménorrhée hypothalamique fonctionnelle : revue systématique et méta-analyse en réseau d’essais cliniques randomisés », ont été publiés dans le Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism.
Il est important de noter que l’arrêt des règles ne signifie pas automatiquement qu’il s’agit de FHA. D’autres causes possibles, telles que des problèmes thyroïdiens, le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) ou une grossesse, doivent être exclues par un professionnel de santé. Si l’arrêt des règles est lié à un régime, au stress ou à une activité physique excessive, la FHA est une possibilité à explorer.
En cas de suspicion de FHA, il est recommandé de réduire l’activité physique intense et les restrictions alimentaires, d’adopter une alimentation équilibrée et de se reposer suffisamment. Une consultation médicale est indispensable pour évaluer l’état hormonal et la densité osseuse, et envisager un traitement adapté, comme une THS transdermique.