Les infections au SARS-CoV-2 et à la grippe peuvent laisser des traces durables sur le cerveau, avec des conséquences distinctes selon le virus. Des recherches récentes mettent en évidence des perturbations spécifiques des voies de signalisation cérébrales après une infection au COVID-19, contrairement à celles observées après une grippe.
Une étude menée par le Dr Xuebin Qin, du Centre national de recherche biomédicale de Tulane, et publiée dans Frontiers in Immunology, a comparé les effets de ces deux virus sur le cerveau de souris infectées. Les résultats indiquent que, si les deux infections provoquent des modifications pulmonaires similaires – notamment une augmentation du collagène pouvant rendre la respiration plus difficile – leurs impacts sur le cerveau divergent considérablement.
Au niveau pulmonaire, les chercheurs ont constaté que les cellules immunitaires ne disparaissent pas complètement après l’infection et que la quantité de collagène augmente, ce qui peut rigidifier le tissu pulmonaire. « Ces modifications peuvent rigidifier le tissu pulmonaire et rendre la respiration plus difficile – une explication biologique possible de la sensation d’essoufflement persistante ressentie par certaines personnes après une infection respiratoire », précisent les auteurs.
Cependant, la principale différence réside dans l’impact sur le cerveau. Les personnes ayant contracté le COVID-19 présentent une perturbation des voies de signalisation de la sérotonine et de la dopamine, des neurotransmetteurs essentiels. Cette perturbation pourrait expliquer le phénomène de « brouillard cérébral », caractérisé par des difficultés de concentration, des troubles de la mémoire et une fatigue cognitive.
Selon le Dr Qin, « La grippe et le COVID-19 touchent de larges populations dans le monde entier et ont un impact considérable sur la santé publique, pourtant les mécanismes à l’origine de leurs effets à long terme restent mal compris ». L’étude souligne donc l’importance de mieux comprendre ces mécanismes pour développer des stratégies de prise en charge adaptées aux séquelles neurologiques post-infectieuses.
Le COVID-19 peut également provoquer des troubles de la réflexion, des émotions, de l’humeur et/ou du comportement, entraînant des symptômes de santé mentale. Ces symptômes neurologiques et psychologiques peuvent apparaître pendant l’infection, pendant la convalescence ou même après la guérison initiale. Les personnes ayant été gravement malades peuvent également développer un délire, se manifestant par de l’agitation ou de la somnolence.
Après la guérison, des symptômes persistants tels que la fatigue, les troubles de la mémoire, les maux de tête, les engourdissements et la perte d’odorat peuvent également être observés. Des examens d’imagerie par résonance magnétique (IRM) et des analyses de sang et d’urine peuvent être réalisés pour exclure d’autres causes possibles de ces symptômes, selon les médecins.