Publié le 24 février 2026 à 02h00. À l’occasion du quatrième anniversaire de l’invasion russe de l’Ukraine, l’Union européenne se heurte à l’opposition de la Hongrie pour l’adoption de nouvelles sanctions contre Moscou et le déblocage d’une aide financière substantielle à Kiev.
- L’UE n’a pas réussi à s’accorder sur de nouvelles sanctions contre la Russie ni sur un prêt de plusieurs milliards d’euros à l’Ukraine.
- La Hongrie bloque les décisions, invoquant notamment des problèmes liés aux livraisons de pétrole russe via l’oléoduc Drouzhba.
- Le président du Conseil européen António Costa a exprimé son mécontentement face à cette situation, estimant que la Hongrie viole le principe de coopération loyale au sein de l’UE.
L’Union européenne souhaitait marquer le quatrième anniversaire de l’invasion russe de l’Ukraine par un signal fort de soutien à Kiev et une pression accrue sur Moscou. Un nouveau paquet de sanctions et un prêt de 90 milliards d’euros (jusqu’à la fin de l’année 2027) étaient sur la table, avec 60 milliards d’euros destinés aux dépenses liées à la défense et le reste au budget général. L’Ukraine ne devrait rembourser cette somme qu’à condition que la Russie verse des compensations pour les dommages causés par son agression.
Pour l’heure, seule une aide d’urgence de 100 millions d’euros pour les infrastructures énergétiques ukrainiennes pourrait être débloquée sans le consentement de la Hongrie, selon des sources européennes.
Costa dénonce un blocage inacceptable
Le président du Conseil européen António Costa a adressé une lettre au Premier ministre hongrois Viktor Orban, exprimant son mécontentement face au blocage et l’accusant de ne pas respecter le principe de coopération loyale au sein de l’UE. Il a souligné que les États membres ne devraient pas compromettre la crédibilité des décisions prises collectivement par le Conseil européen, rappelant l’accord de principe déjà conclu lors du sommet de l’UE du 18 décembre.
La Hongrie pointe du doigt l’Ukraine
Budapest justifie son opposition en affirmant que l’acheminement du pétrole russe via l’oléoduc Drouzhba, qui traverse l’Ukraine, est actuellement interrompu. Le gouvernement hongrois accuse les autorités ukrainiennes d’avoir délibérément bloqué l’utilisation de cette voie pour des motifs politiques. Selon des sources ukrainiennes, les livraisons de pétrole ont été suspendues fin janvier en raison des bombardements russes.
Costa prévoit de s’entretenir avec le président ukrainien Volodymyr Zelenskyj afin de clarifier les différentes versions des faits concernant les livraisons de pétrole brut à la Hongrie. L’espoir est que la Hongrie lèvera son veto une fois le pipeline réparé. De nouvelles sanctions, visant à réduire les revenus russes tirés de la vente de gaz et de pétrole, sont également à l’étude, ainsi que l’exclusion de nouvelles institutions financières des transactions de paiement internationales et l’imposition de restrictions commerciales supplémentaires.
La Slovaquie s’oppose également aux sanctions, car elle recevait jusqu’à récemment du pétrole russe via le même oléoduc. Le Premier ministre slovaque Robert Fico a annoncé la suspension de l’aide d’urgence en électricité à l’Ukraine tant que le transit de pétrole vers son pays ne sera pas rétabli. Cependant, Fico n’a pas encore rejoint la Hongrie dans le blocage du prêt à l’Ukraine.