Publié le 2025-10-17 23:42:00. Face à un déclin électoral préoccupant, le Parti Action Nationale (PAN) mexicain lance une stratégie de renouveau ambitieuse, prônant une ouverture accrue aux citoyens, des primaires ouvertes et une rupture nette avec le PRI, son allié historique.
- Le PAN voit son influence s’éroder, passant de 11 à seulement quatre gouvernements d’État.
- Damián Zepeda appelle à un renouvellement radical sous peine de disparition politique.
- Trois axes majeurs sont proposés pour redynamiser le parti : une ouverture citoyenne, des primaires ouvertes et la reconquête d’une identité propre.
À quelques heures seulement de la présentation de sa nouvelle image, le Parti Action Nationale (PAN) semble prêt à emprunter un virage décisif. L’ancien leader national du parti, Damián Zepeda, a esquissé les contours d’une stratégie de relance visant à inverser la tendance négative qui frappe la formation politique. Lors d’un entretien accordé à Azucena Uresti, Zepeda n’a pas caché l’ampleur du défi : « Ces dernières années, nous sommes passés de 11 gouvernements d’État à quatre », a-t-il déploré, qualifiant cette situation de « tragique ».
La proposition de Damián Zepeda repose sur trois piliers fondamentaux. Premièrement, il prône une « véritable ouverture au citoyen », déplorant que le PAN soit perçu comme un « parti fermé ». L’objectif est d’élargir les portes au-delà des militants pour inclure les citoyens, les organisations patronales, les universités et la société civile. « Le PAN est conçu par les citoyens comme très fermé et ils ont raison », a-t-il concédé, soulignant la nécessité de rompre avec une prise de décision jugée trop interne.
Deuxièmement, Zepeda souhaite implémenter des « primaires ouvertes avec enquêtes citoyennes ». Il s’inspire du modèle américain, distinct de celui de Morena, pour que les candidatures soient déterminées par l’ensemble des citoyens, et non uniquement par les adhérents au parti. « Laisser le citoyen choisir directement qui sera le prochain candidat à la présidence de la République, du PAN ou des gouvernorats ou des principaux maires au moins. Donnez-lui le pouvoir », a-t-il insisté, privilégiant les urnes ou les sondages comme outils de décision démocratique.
Enfin, le troisième axe concerne la « récupération de son identité et la rupture avec le PRI ». Zepeda est catégorique : « L’alliance avec le PRI doit prendre fin, à mon avis », affirmant que cette union a été rejetée par les citoyens. Il estime que le PAN doit définir clairement son projet alternatif et son identité auprès des Mexicains, se démarquant ainsi de son allié historique.
L’ancien sénateur espère que ce renouveau permettra au PAN de retrouver sa compétitivité pour les élections de mi-mandat et locales prévues en 2027. « J’espère que cela servira à marquer un tournant et que, en prévision du 27, nous serons cette option différente pour le Mexique », a-t-il conclu, estimant que l’action de Morena représente un « désastre ».