Budapest est au bord d’un changement politique majeur. Les élections d’avril s’annoncent comme un test décisif pour le Premier ministre hongrois Viktor Orbán, confronté à un challenger sérieux et misant sur le soutien inattendu de l’ancien président américain Donald Trump.
Lundi, le secrétaire d’État américain Marco Rubio s’est rendu à Budapest pour rencontrer Viktor Orbán, un geste perçu comme un signal fort de soutien à l’approche du scrutin. Rubio a insisté sur l’importance de la relation entre les États-Unis et la Hongrie, affirmant : « Le président Trump est profondément attaché à votre réussite, car votre réussite est notre réussite. » Il a également souligné que Washington s’intéresserait de près à toute difficulté que pourrait rencontrer la Hongrie, évoquant une possible aide financière.
Ce soutien intervient alors que plusieurs dirigeants européens expriment leur frustration face à la politique américaine, notamment concernant le Groenland, l’Ukraine et l’OTAN. Orbán, figure conservatrice dominante de la politique hongroise depuis des décennies, semble compter sur cette alliance pour conserver le pouvoir.
L’opposition hongroise est menée par Peter Magyar, un ancien responsable gouvernemental dont le parti, Tisza, gagne du terrain dans les sondages. Un sondage d’opinion publié vendredi dernier par l’Idea Institute indique que 48 % des électeurs décidés soutiennent Magyar, contre 38 % pour Orbán et son parti, le Fidesz. Cependant, près d’un quart des électeurs se déclarent encore indécis.
Orbán, entré au parlement hongrois en 1990, a déjà occupé le poste de Premier ministre de 1998 à 2002 et est de nouveau au pouvoir depuis 2010. Il multiplie les critiques à l’encontre de l’Union européenne et du président ukrainien Volodymyr Zelensky à l’approche des élections.
Par ailleurs, Orbán entretient des relations étroites avec la Russie, se rendant régulièrement à Moscou, notamment en novembre 2023 et en juillet 2023, où il a été chaleureusement accueilli par Vladimir Poutine. Le président russe a salué la « position équilibrée » d’Orbán sur la guerre en Ukraine.
Le soutien de Trump à Orbán ne se limite pas à des déclarations publiques. L’année dernière, l’administration Trump a exempté la Hongrie des sanctions américaines sur le pétrole et le gaz russes, une question cruciale pour ce pays enclavé dépendant des pipelines russes pour son approvisionnement énergétique. En octobre dernier, Trump a également approuvé un swap de devises pour l’Argentine, au bénéfice de son allié Javier Milei.
Cette campagne électorale hongroise pourrait également refléter des tendances plus larges en Europe, où des mouvements populistes et nationalistes gagnent du terrain. Des figures comme Nigel Farage au Royaume-Uni, Marine Le Pen en France et Alice Weidel en Allemagne partagent des préoccupations similaires concernant l’immigration et l’influence de Bruxelles.