Publié le 16 février 2026 18:52:00. Des chercheurs européens ont mis au point une immunothérapie innovante, basée sur l’ARN messager, capable de désensibiliser les patients souffrant d’allergies multiples aux aliments et aux pollens, une pathologie complexe et invalidante touchant des millions de personnes.
- Une nouvelle plateforme d’immunothérapie utilise un allergène consensuel combiné à la technologie de l’ARN messager.
- Des tests sur des modèles animaux ont démontré l’efficacité de cette approche pour induire des anticorps neutralisants contre divers allergènes.
- Cette immunothérapie pourrait offrir une alternative plus sûre et plus efficace aux traitements actuels, notamment pour les patients polysensibilisés.
Une équipe internationale de scientifiques, issue de l’Université technique du Danemark (DTU), de l’Université Complutense de Madrid (UCM), de la Plateforme Ibima Bionand (Malaga) et des hôpitaux Vallée d’Hébron et de la clinique de Barcelone, a développé une approche prometteuse pour traiter les allergies multiples. Cette nouvelle immunothérapie cible les causes profondes de la réaction allergique en utilisant un allergène artificiel et la technologie de l’ARN messager.
L’étude, publiée dans la revue Communications Nature (https://www.nature.com/articles/s41467-026-69134-4), révèle que cette immunothérapie a permis d’induire des anticorps capables de reconnaître et de bloquer les allergènes provenant de différentes sources alimentaires et de pollens chez des modèles animaux. Les résultats suggèrent que cette approche pourrait même offrir une protection supérieure à celle obtenue avec les immunothérapies traditionnelles utilisant des allergènes naturels individuels.
Au cœur de cette innovation se trouve l’utilisation d’un allergène consensuel. Il s’agit d’une protéine artificielle conçue pour représenter les structures communes à toute une famille d’allergènes responsables de réactions croisées. Bien que cette molécule n’existe pas dans la nature, elle contient les éléments immunogènes essentiels, permettant ainsi de stimuler une réponse immunitaire contre de multiples allergènes avec une seule intervention.
Pour administrer cet allergène, les chercheurs ont fait appel à la technologie de l’ARN messager, une approche similaire à celle employée dans les vaccins contre la Covid-19. L’ARN agit comme un vecteur, permettant aux cellules du corps de synthétiser l’allergène de manière contrôlée. Cette production interne déclenche une réponse immunitaire ciblée sur les molécules responsables de l’allergie, bloquant ainsi leur capacité à provoquer une réaction et favorisant une réponse protectrice.
Bien que des symptômes aient été observés chez des animaux traités dans un modèle d’allergie sévère, leur profil immunologique suggère qu’une optimisation de la formulation et de la voie d’administration pourrait conduire à une solution thérapeutique efficace pour les patients polysensibilisés.
L’allergie à plusieurs allergènes homologues touche plus de sept millions de personnes en Europe. Dans ce cas, le système immunitaire réagit de manière excessive à des protéines normalement inoffensives. Les symptômes peuvent varier de légers à graves, allant jusqu’au choc anaphylactique. Les allergènes sont souvent des protéines structurellement similaires entre différentes espèces végétales, ce qui explique pourquoi une personne allergique à un aliment peut développer des allergies à d’autres aliments ou aux pollens.
Le syndrome allergique dû à des protéines de transport lipidique non spécifiques (nsLTP) est une forme courante d’allergie alimentaire, particulièrement répandue dans le sud de l’Europe. Actuellement, il n’existe pas de traitement simple pour ce type d’allergies multiples. La stratégie la plus courante consiste à éviter tous les aliments concernés, une approche difficile à maintenir en raison du nombre important de sources allergènes et du risque d’ingestion accidentelle. L’immunothérapie classique, bien qu’ayant un potentiel curatif à long terme, est un processus long et peut provoquer des effets indésirables, entraînant un taux d’abandon élevé.
Cette nouvelle immunothérapie basée sur l’ARN messager représente donc une avancée significative dans la prise en charge des allergies multiples, offrant l’espoir d’une solution plus sûre, plus efficace et mieux tolérée pour les patients concernés.