L’Afrique ambitionne de prendre son destin vaccinal en main. Suite aux difficultés d’accès aux vaccins pendant la pandémie de Covid-19, le continent accélère les investissements dans sa propre production.
La pandémie de Covid-19 a mis en lumière la forte dépendance de l’Afrique vis-à-vis des importations de vaccins. Les inégalités d’accès aux doses, particulièrement criantes au début de la crise sanitaire, ont incité les États africains à repenser leur stratégie. À ce stade, le continent importe plus de 99 % de ses vaccins, une situation jugée intenable par de nombreux responsables.
Plusieurs initiatives sont en cours pour développer une capacité de production locale. Des usines sont en construction ou en phase de modernisation en Afrique du Sud, au Sénégal, au Maroc, en Égypte et au Nigeria. L’objectif est de fabriquer non seulement des vaccins contre la Covid-19, mais aussi ceux destinés à lutter contre d’autres maladies endémiques, telles que le paludisme, la fièvre jaune et la méningite.
Ces efforts s’inscrivent dans une volonté plus large de renforcer l’autonomie sanitaire du continent. « Nous ne pouvons plus nous permettre d’attendre que d’autres pays décident de notre sort », a déclaré un responsable de l’Union africaine lors d’une récente conférence. L’investissement dans la production locale de vaccins est perçu comme un élément clé pour améliorer la sécurité sanitaire et la résilience de l’Afrique face aux futures pandémies.
Le financement de ces projets provient de diverses sources, notamment des gouvernements africains, des organisations internationales et des partenaires privés. Des accords de transfert de technologie sont également en négociation avec des laboratoires pharmaceutiques étrangers, afin de permettre aux usines africaines de produire des vaccins de qualité, conformes aux normes internationales.