Publié le 9 février 2026 à 02h25. Le Premier ministre britannique Keir Starmer est confronté à une crise politique majeure après la démission de son chef de cabinet, Morgan McSweeney, sur fond de vives critiques concernant la nomination de Peter Mandelson au poste d’ambassadeur des États-Unis et ses liens passés avec Jeffrey Epstein.
- La démission de Morgan McSweeney, qui assume l’entière responsabilité d’une nomination jugée « erronée », a fragilisé la position de Keir Starmer.
- Des documents accablants, dont des échanges de courriels et de messages, doivent être rendus publics et pourraient révéler que Peter Mandelson a menti sur l’étendue de ses relations avec Jeffrey Epstein.
- Des voix s’élèvent au sein du Parti travailliste, allant jusqu’à demander la démission de Keir Starmer, tandis que Downing Street tente de minimiser la crise.
La nomination de Peter Mandelson comme ambassadeur des États-Unis a déclenché une tempête politique à Londres. La révélation de ses liens persistants avec Jeffrey Epstein, même après la condamnation de ce dernier pour exploitation sexuelle de mineures, a suscité l’indignation et mis en lumière de sérieuses lacunes dans les vérifications préalables à sa nomination. Morgan McSweeney, chef de cabinet de Keir Starmer, a pris la décision de démissionner, assumant la responsabilité des conseils ayant mené à cette nomination controversée.
Bien que M. Starmer et M. McSweeney aient mutuellement convenu qu’il était temps de passer à autre chose, la pression sur le Premier ministre ne faiblit pas. Plusieurs députés travaillistes, notamment Rachael Maskell, députée de York Central, estiment que cette démission n’est qu’un début et que M. Starmer doit rompre avec l’influence de son ancien collaborateur. Elle a déclaré à la BBC Radio 4 :
« S’il n’a pas compris la gravité de la situation, je pense qu’il aura beaucoup de mal à continuer. »
Rachael Maskell, députée travailliste de York Central
D’autres figures du parti, comme Brian Leishman, Ian Byrne et Kim Johnson, ont même suggéré que M. Starmer devrait suivre M. McSweeney sur la porte. Des sources anonymes au sein du gouvernement, citées par le Times, affirment que M. Starmer est affaibli et pourrait être contraint à la démission, des allégations que Downing Street a catégoriquement démenties.
La publication imminente de milliers de courriels, de messages et de documents relatifs à la nomination de M. Mandelson pourrait aggraver la situation. M. Starmer espère que ces documents prouveront que M. Mandelson a dissimulé l’étendue de ses liens avec Epstein lors des vérifications de sécurité. Selon le Guardian, le Cabinet Office avait d’ailleurs mis en garde contre le risque de réputation que représentait cette nomination.
Les syndicats se sont également joints au chœur des critiques. Steve Wright, secrétaire général du syndicat des pompiers, a appelé à la démission de M. Starmer, tandis que Maryam Eslamdoust, secrétaire générale de l’Association des employés des transports, a estimé qu’il n’y avait aucune raison d’attendre les élections de mai pour le remplacer :
« Il est temps d’élire un nouveau leader. »
Maryam Eslamdoust, secrétaire générale de l’Association des employés des transports
Cependant, des alliés de M. Starmer, comme John Slinger, ont défendu son leadership, soulignant que le pays n’a pas besoin de spéculations sur sa succession. David Blunkett, ancien ministre de l’Intérieur, a mis en garde contre les divisions internes au parti, appelant à l’unité. Downing Street a réaffirmé son engagement envers le programme politique du gouvernement et sa stratégie économique.
M. Starmer devrait s’adresser aux députées travaillistes et faire des déclarations publiques cette semaine pour tenter de calmer la tempête. L’enquête sur les défaillances du processus de vérification de sécurité est en cours et devrait faire l’objet d’un examen prioritaire.

