Publié le 8 février 2026 08h00. Le constructeur automobile Stellantis revoit en profondeur sa stratégie électrique, annulant 22 milliards de dollars d’investissements et remettant à plat ses plans de développement, face à un marché en mutation et à des contraintes économiques croissantes.
- Stellantis annule 22 milliards de dollars (environ 252 milliards de couronnes norvégiennes) d’investissements dans les véhicules électriques.
- Le groupe réduit ses projets de développement de voitures électriques et recentre ses activités.
- La suppression des avantages fiscaux pour les véhicules électriques aux États-Unis, décidée par Donald Trump, influence cette décision.
Le géant automobile Stellantis amorce un virage stratégique majeur en matière de véhicules électriques. Après une période d’investissement massif, le groupe annonce la suppression de 22 milliards de dollars de son budget dédié à l’électrification. Cette décision s’accompagne d’une réduction des projets de développement et d’une réorientation des activités, signe d’un ralentissement marqué dans la transition vers les énergies propres.
Cette volte-face intervient alors que d’autres constructeurs automobiles, comme Ford et General Motors, ont déjà revu leurs ambitions dans le domaine des véhicules électriques, en reconnaissant des coûts importants et des perspectives de rentabilité incertaines. Stellantis, né de la fusion entre le français PSA et l’italo-américain FCA il y a six ans, possède un portefeuille de 14 marques, dont Citroën, DS, Opel, Peugeot, Fiat, Chrysler, Alfa Romeo, Jeep et Maserati. La gestion de cette diversité représente à la fois un atout et un défi majeur.
Selon Stellantis, cette réévaluation est en partie liée à l’évolution du contexte économique et politique, notamment la suppression par l’administration Trump des incitations fiscales pour l’achat de véhicules électriques aux États-Unis. Automotive News rapporte que cette décision rend plus difficile la justification des investissements dans ce secteur sur le marché américain.
Le cours de l’action Stellantis a d’ailleurs reflété ces difficultés, chutant de 40 % au cours de l’année écoulée. La société estime avoir pris les mesures nécessaires pour corriger le tir et adapter ses plans de produits à la demande du marché.
« La société a pris la grande majorité des décisions nécessaires pour corriger la direction, notamment en ce qui concerne l’adaptation de nos plans de produits et de notre portefeuille à la demande du marché. »
Antonio Filosa, PDG de Stellantis
Le groupe a développé des plateformes et des technologies communes à ses différentes marques pour les véhicules électriques, mais ces modèles n’ont pas encore rencontré un succès commercial significatif. Certaines marques, en particulier, sont vulnérables à la concurrence croissante des constructeurs chinois.
La question de la rationalisation du portefeuille de marques de Stellantis se pose avec acuité. Des marques comme Alfa Romeo et Maserati, dont les ventes sont faibles depuis des années, pourraient être concernées par des restructurations, voire des cessions. De même, la concurrence interne entre Citroën, Peugeot, Opel et Fiat pourrait inciter le groupe à revoir sa stratégie de distribution et de positionnement.
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Antonio Filosa, qui a pris la direction de Stellantis l’année dernière, présentera un nouveau plan stratégique le 21 mai prochain. Ce plan devrait apporter des éclaircissements sur l’avenir du groupe et sur ses ambitions en matière de véhicules électriques.