Home Accueil Stephen King réagit en découvrant qu’il est l’auteur le plus « censuré » aux États-Unis

Stephen King réagit en découvrant qu’il est l’auteur le plus « censuré » aux États-Unis

0 comments 113 views

Stephen King, l’un des auteurs les plus prolifiques et lus au monde, se retrouve au sommet d’une nouvelle liste, moins enviable : celle des écrivains les plus censurés dans les établissements scolaires américains. Une étude récente de PEN America, une association de défense de la liberté d’expression, révèle que 87 de ses titres ont été retirés des bibliothèques scolaires au cours de l’année 2024-2025, pour un total de 206 suppressions.

À 78 ans, le maître de l’horreur et du fantastique, auteur de « Shining » et tant d’autres succès, voit ses œuvres boudées par un nombre croissant d’écoles à travers les États-Unis. Les États du Texas, de la Floride et du Tennessee figurent parmi les plus actifs dans cette chasse aux livres, où les élus républicains montrent une vigilance accrue quant aux contenus jugés inappropriés pour les jeunes esprits.

Cette pratique touche d’autres noms de la littérature jeunesse et young adult. Derrière Stephen King, l’association PEN America a recensé 167 retraits d’œuvres d’Ellen Hopkins, connue pour des romans tels que « Crank » et « Impulse », et 162 suppressions pour Sarah J. Maas, autrice de best-sellers comme « Un palais d’épines et de roses » et « Maison de la terre et du sang ». Les raisons invoquées pour ces interdictions, selon le rapport, varient : thématiques LGBT, représentation de populations immigrées, récits jugés trop violents ou à caractère sexuel.

« Jamais autant de politiciens n’avaient cherché à intimider les chefs d’établissement pour qu’ils censurent selon leurs préférences idéologiques, allant même jusqu’à menacer de retirer tout financement public », déplore l’association. Ce phénomène aurait pris une ampleur considérable depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier 2017.

Face à cette vague de censure, Stephen King a tenu à exprimer sa position sur les réseaux sociaux. « Les croisades moralisatrices contre les livres ne peuvent pas toujours l’emporter », a-t-il affirmé, invitant ses détracteurs à « prendre l’un de ses romans et de voir ce que tout cela signifie ». Il a conclu son message par un vibrant : « C’est encore l’Amérique, merde ! » L’auteur, connu pour ses prises de position politiques tranchées, se retrouve dans le viseur de nombreux partisans du mouvement MAGA (Make America Great Again), qui lui reprochent notamment ses critiques virulentes envers l’administration actuelle. En septembre dernier, il avait par exemple qualifié l’influenceur Charlie Kirk de « favorable à la lapidation des homosexuels ».

PEN America tire la sonnette d’alarme sur l’ampleur de la censure littéraire aux États-Unis. Pour l’année 2024-2025, 6 870 cas de suppression de livres ont été enregistrés dans les écoles. Bien que ce chiffre soit inférieur aux plus de 10 000 cas recensés l’année précédente, il représente une hausse significative par rapport aux années 2021 et 2022, où le nombre de livres bannis ne dépassait pas les 3 500. La Floride se distingue particulièrement, avec près d’un tiers des interdictions recensées sur son territoire, soit 2 000 livres retirés des rayons. Le gouverneur de cet État, Ron DeSantis, est en effet connu pour sa politique conservatrice stricte, notamment sa volonté affichée en 2023 d’interdire l’enseignement des sujets liés à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre dans les écoles.

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.