Publié le 2025-10-09 00:20:00. Le Tribunal fédéral brésilien a tranché ce mercredi : les assureurs maladie ne pourront plus majorer les cotisations mensuelles des seniors uniquement en raison de leur âge, y compris pour les contrats souscrits avant l’entrée en vigueur de la loi sur la personne âgée de 2003.
- La décision du Tribunal fédéral plénier interdit toute discrimination tarifaire basée sur l’âge pour les seniors.
- Cette mesure s’applique même aux contrats d’assurance santé signés avant l’adoption du Statut des personnes âgées (loi 10.741/2003).
- Le président du tribunal a reporté l’annonce officielle du résultat en raison de cas similaires en attente de décision.
La Cour suprême fédérale (STF) a clairement indiqué sa position ce mercredi : les compagnies d’assurance maladie ne sont plus autorisées à augmenter les primes mensuelles des personnes âgées sous prétexte de leur âge avancé. Cette interdiction s’applique indépendamment de la date de signature des contrats, y compris ceux qui précèdent la mise en place du Statut des personnes âgées, promulgué par la loi 10.741 du 1er janvier 2003. La loi stipule explicitement qu’il est interdit de discriminer une personne âgée « en facturant des montants différents en fonction de l’âge ».

Le Tribunal fédéral annoncera l’issue de ce dossier ultérieurement.
Le président de la cour, le ministre Edson Fachin, n’a pas encore rendu publique la décision finale. Cette affaire concerne un recours déposé par Unimed, qui contestait une décision du Tribunal de Justice de Rio Grande do Sul ayant jugé abusive une augmentation des cotisations mensuelles basée sur l’âge des assurés. Il a été décidé de reporter l’annonce du jugement pour harmoniser la jurisprudence.
Plusieurs cas similaires, portant sur des ajustements tarifaires pour les seniors, sont actuellement examinés par différentes juridictions, y compris au sein de la Cour suprême elle-même, où des blocages décisionnels ont déjà été observés. Parmi eux, l’Action Déclaratoire de Constitutionnalité (ADC) 90, dont le jugement est suspendu suite à une demande de révision du ministre Flávio Dino. Il a été convenu ce mercredi que cette ADC serait également soumise à l’examen de la pleine assemblée physique.
Par conséquent, ce n’est qu’après le dénouement de l’ADC 90 que le ministre Fachin officialisera le résultat du recours jugé ce mercredi. Cette démarche vise à consolider une ligne jurisprudentielle cohérente.
Les votes des ministres
Le dossier avait débuté son parcours le 20 mai 2020, lors d’une session virtuelle. Il avait ensuite été avancé pour une session physique à la demande du ministre Gilmar Mendes. Avant l’interruption, la rapporteure initiale, la ministre Rosa Weber (aujourd’hui à la retraite), s’était prononcée contre le recours de l’opérateur de santé. Elle avait été rejointe par les ministres Edson Fachin et Alexandre de Moraes, ainsi que par les désormais retraités Ricardo Lewandowski et Celso de Mello. Lors de la session physique, Gilmar Mendes et la ministre Cármen Lúcia ont confirmé leur adhésion à la position de Rosa Weber. Edson Fachin et Alexandre de Moraes ont également maintenu leurs votes initiaux. Au total, sept voix se sont ainsi prononcées pour le rejet du recours.
Le ministre à la retraite Marco Aurélio a exprimé un désaccord, suivi par le ministre Dias Toffoli, qui a réitéré son soutien à cette position dans l’après-midi. Les ministres Luís Roberto Barroso et Luiz Fux se sont quant à eux déclarés inaptes à se prononcer sur cette affaire.
Plusieurs entités ont participé à la procédure en tant que « *amicus curiae* » (amis de la cour), notamment l’opérateur de santé Amil, l’Agence Nationale de Santé (ANS), la Fédération Nationale des Opérateurs de Santé Complémentaire (Fenasaúde), l’Institut Brésilien de Défense des Consommateurs (Idec) et le Groupe d’Action Stratégique des Défenseurs Publics des États auprès des Cours Supérieures (Gaets).
L’enjeu de l’ADC 90
Dans le cadre de l’ADC 90, la question posée est similaire à celle soulevée par Unimed. La Confédération Nationale des Sociétés d’Assurances (CNSeg) a demandé que l’article du Statut des personnes âgées interdisant les majorations tarifaires pour les seniors ne s’applique pas rétroactivement aux contrats conclus avant sa date d’entrée en vigueur, soit avant janvier 2004. La CNSeg argumente que l’application rétroactive de cette loi violerait les principes constitutionnels qui garantissent la non-rétroactivité préjudiciable et la sécurité juridique. Elle invoque également une atteinte aux principes de libre entreprise et d’autonomie privée, les conditions contractuelles ayant été établies conformément à la législation en vigueur à l’époque.
Le ministre Dias Toffoli, rapporteur de cette action, a voté en faveur de la demande de la CNSeg, accompagné par les ministres André Mendonça et Cristiano Zanin. Le ministre Gilmar Mendes a également suivi le rapporteur, mais avec une nuance. Il considère que le paragraphe 3 de l’article 15 de la loi 10.741/2003 devrait s’appliquer également aux contrats antérieurs qui ont été renouvelés après l’entrée en vigueur de la loi.