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« Subsuelo » arrive à la 70ème édition de Seminci comme le pari le plus risqué et le plus complexe de la filmographie de Fernando Franco

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Publié le 2025-10-27 09:03:00. « Subsuelo », le nouveau film de Fernando Franco, fait sensation à la 70ème Seminci. Après une production complexe et exigeante, ce thriller psychologique explore les liens familiaux et les secrets, marquant un tournant dans la filmographie du réalisateur.

  • Le film, une adaptation du roman de Marcelo Luján, est en compétition pour la Pointe dorée de la Seminci.
  • La production, qui a nécessité un budget de 2,4 millions d’euros, a été un défi financier et logistique majeur pour les producteurs.
  • « Subsuelo » représente un « saut qualitatif » pour Fernando Franco, s’aventurant dans le genre thriller avec une approche plus sophistiquée.

Après un long et parfois ardu parcours de financement, « Subsuelo » de Fernando Franco fait son entrée remarquée dans la compétition officielle de la 70ème Seminci, briguant la prestigieuse Pointe dorée. Ce quatrième long-métrage du cinéaste, salué comme un véritable « saut qualitatif » dans sa carrière, est le fruit d’un processus de production particulièrement exigeant, comme le soulignent ses producteurs.

Produit par LaZona, Kowalski Films, Ferdydurke Films et Blizzard Films AIE, avec le soutien de RTVE, EiTB, Canal Sur et Movistar Plus+, le film a bénéficié du financement de l’ICAA et de la Députation Forale de Gipuzkoa. Les ventes internationales sont assurées par Elle Driver, tandis que La Aventura et LaZona Pictures se chargeront de la distribution en Espagne. Fort d’un budget de 2,4 millions d’euros, « Subsuelo » a reçu près d’un million d’euros de l’ICAA en 2022.

Adapté du roman éponyme de l’Argentin Marcelo Luján, « Subsuelo » plonge le spectateur dans un thriller psychologique qui dissèque les liens familiaux complexes. Le récit se concentre sur la relation trouble entre deux frères et sœurs, interprétés par Julia Martínez et Diego Garisa, dont le lien est irrémédiablement altéré par un accident et le poids de la culpabilité. Le film aborde des thèmes tels que les secrets, la manipulation, le désir d’apaisement, mais aussi la maturité et la vengeance, le tout raconté à travers le regard de différents personnages.

Koldo Zuazua, producteur chez Kowalski Films et collaborateur de longue date de Franco, a qualifié ce projet de « film qui nous a coûté cher à réaliser ». Il a rappelé que le développement avait débuté peu après la pandémie, en parallèle de « Le Sacre du Printemps », mais à un rythme différent, soulignant la complexité thématique et narrative du film comme source de ce parcours de financement prolongé. Il a également évoqué le paradoxe de voir « Le Sacre du Printemps » sortir avant « Subsuelo », bien que développé plus tard.

Zuazua a insisté sur le fait que « Subsuelo » marque une évolution pour Franco, s’aventurant dans un registre plus « genre » qui pourrait toucher un public différent. Tout en reconnaissant qu’il ne s’agit pas d’un film grand public, il a souligné l’attrait du projet et le défi qu’il représentait pour l’équipe.

Gonzalo Salazar-Simpson, de LaZona, a salué la consolidation de la collaboration avec Franco, malgré la durée du projet, et a exprimé son désir de poursuivre cette synergie. Guadalupe Balaguer, quant à elle, a mis en avant le défi que représentait le choix du lieu de tournage. La maison, véritable « personnage » du film, a nécessité une recherche exhaustive à travers plusieurs régions d’Espagne (Communauté de Madrid, Guadalajara, Ségovie, Biscaye, Alava) avant de trouver le lieu idéal correspondant à la vision de Franco.

Salazar-Simpson a rappelé que le défi constant en production réside dans l’allocation des ressources limitées. Il a souligné la fluidité du travail avec Fernando Franco, également coproducteur, décrivant une relation de complicité qui permet de surmonter les tensions liées aux contraintes budgétaires. « Il n’y en a jamais assez, mais au lieu de générer des tensions, l’équipe a toujours généré une manière de fluidifier la répartition des choses et c’est un luxe », a-t-il précisé.

Fernando Franco a expliqué sa fascination pour le genre thriller et la complexité du roman de Marcelo Luján, notamment dans le traitement du temps. Bien que des différences notables existent entre le livre et le film, le noyau du projet est resté l’envie d’adapter le roman dans une veine thriller et d’aborder ce sujet intense.

Le réalisateur a également évoqué la nécessité de s’éloigner du texte original à certains égards, particulièrement pour le personnage d’Eva, interprété par Julia Martínez. Franco souhaitait la sortir du cliché de la « femme fatale » ou de la Lolita du cinéma noir, ce qui a indirectement redéfini le personnage de Nacho Sánchez, qui devient une sorte de point d’ancrage pour la protagoniste.

L’incursion dans le thriller a également conduit à une évolution stylistique de Fernando Franco, impliquant un travail de pré-production plus poussé. Le réalisateur a délaissé sa technique habituelle de plans séquences et de caméra à l’épaule pour adopter une approche plus sophistiquée, utilisant une « stable camera » et une planification plus rigoureuse, qualifiant le tournage d' »apprentissage continu ».

Le travail d’interprétation intime entre les acteurs a constitué l’un des défis majeurs du film, nécessitant la création d’un espace de confiance pour les scènes de tension intense entre les frères. Julia Martínez a souligné l’importance de l’implication émotionnelle, de la confiance et de la communication pour construire ce « monde séparé » dans lequel les acteurs pénétraient et sortaient. Diego Garisa a évoqué la facilité de travailler avec Martínez, malgré la tension inhérente au film, grâce à leur amitié préexistante et au soutien de l’équipe pour les scènes intimes.

Sonia Almarcha a quant à elle mis en avant l’importance du travail corporel et des silences dans « Subsuelo ». Les nombreuses répétitions et la liberté de faire des erreurs lors des répétitions ont permis de créer une famille cinématographique déjà soudée avant le tournage, garantissant ainsi des regards chargés de sens.

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