Home Santé Le cerveau se « réveille-t-il » en rêvant ? Une nouvelle découverte a révélé que l’esprit ne se repose jamais

Le cerveau se « réveille-t-il » en rêvant ? Une nouvelle découverte a révélé que l’esprit ne se repose jamais

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Une étude scientifique internationale révolutionne notre compréhension des rêves. Publiée dans la revue Nature, elle révèle que les songes ne se limitent pas à la phase de sommeil paradoxal, mais peuvent survenir à d’autres stades, remettant en question des décennies de recherche.

  • Les rêves peuvent se manifester lors de phases de sommeil autres que le sommeil paradoxal (REM).
  • L’activité cérébrale durant ces rêves hors sommeil paradoxal s’apparente à celle d’un état d’éveil partiel.
  • L’intelligence artificielle permet désormais de prédire quand et dans quelle phase du sommeil surviennent les rêves, ouvrant la voie à des diagnostics cliniques plus objectifs.

Jusqu’à présent, la science associait majoritairement les rêves les plus vifs et les expériences oniriques les plus intenses à la phase de sommeil paradoxal (REM). Cette période, caractérisée par une forte activité cérébrale et des mouvements oculaires rapides, était considérée comme le théâtre quasi exclusif de nos songes. Cependant, une vaste base de données internationale, baptisée DREAM, vient bouleverser cette vision.

Fruit de la collaboration de scientifiques de 13 pays, coordonnée par l’Université Monash en Australie, le projet DREAM a compilé plus de 2 600 enregistrements d’activité cérébrale pendant le sommeil. Cette masse de données a permis aux chercheurs de conclure que le sommeil paradoxal n’est ni une condition nécessaire ni suffisante pour rêver. Les rêves peuvent en réalité se produire durant différentes phases neurophysiologiques du sommeil, y compris lors du sommeil lent non paradoxal (NREM), généralement associé à des stades de repos plus profonds et calmes.

Ce qui distingue particulièrement ces rêves survenant durant le sommeil NREM, c’est l’activité électrique du cerveau. Selon l’analyse des données DREAM, cette activité ressemble davantage à celle d’une personne éveillée qu’à celle d’une personne en sommeil profond classique. Les auteurs décrivent ce phénomène comme un état d’« éveil partiel » du cerveau, brouillant ainsi la frontière entre le sommeil et la conscience.

L’une des avancées majeures de cette recherche réside dans l’application d’algorithmes d’intelligence artificielle. Grâce à la richesse et à la diversité des données recueillies, il est désormais possible de prédire l’occurrence des rêves et la phase de sommeil associée, et ce, sans devoir recourir à des récits subjectifs des participants. Cette approche quantitative renforce la rigueur scientifique de l’étude des rêves et ouvre des perspectives prometteuses pour le diagnostic clinique.

Les troubles liés à des états altérés de conscience, tels que le somnambulisme ou les parasomnies, pourraient bénéficier de cette nouvelle approche. En rendant visible l’activité mentale durant le sommeil, elle permettrait une identification plus objective des anomalies, sans dépendre uniquement de la mémoire verbale des patients. La base de données DREAM, en intégrant des recherches menées dans divers laboratoires à travers le monde, réduit les biais et offre une plateforme d’analyse comparative sans précédent.

« Les travaux présentés dans l’article rassemblent des décennies de recherche sur les rêves en un seul endroit. »

Giulio Bernardi, chercheur à l’École d’études avancées IMT de Lucques, Italie

En définitive, DREAM marque une étape décisive dans l’exploration scientifique de la conscience humaine. Il ne se contente pas de modifier les modèles établis sur la survenue des rêves, mais suscite également de nouvelles interrogations sur la nature même de la conscience durant le sommeil. Les scientifiques espèrent que cette initiative mènera à une identification plus précoce des pathologies liées aux états de conscience altérée et inspirera le développement d’outils innovants pour une étude plus quantifiable de l’expérience mentale subjective. L’objectif ultime est de pouvoir distinguer de manière fiable quand et comment la conscience s’active au sein du cerveau endormi.

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