Home Économie Subtel après la vente de Telefónica Chile : « Une concentration du marché pourrait avoir lieu d’ici 5 ans »

Subtel après la vente de Telefónica Chile : « Une concentration du marché pourrait avoir lieu d’ici 5 ans »

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Publié le 14 février 2026 à 11h00. Le secteur des télécommunications chilien est en pleine mutation avec le départ de Telefónica et l’arrivée de Millicom, un contexte complexe que le sous-secrétaire Claudio Araya quitte après quatre années de mandat, marqué par des défis financiers et des enjeux de concentration du marché.

  • L’arrivée de l’opérateur européen Millicom au Chili, suite au rachat des actifs de Telefónica, est perçue comme une alternative positive par le sous-secrétaire aux télécommunications.
  • La situation financière fragile de plusieurs acteurs du secteur, notamment Wom, a nécessité des interventions et des accords spécifiques pour maintenir un équilibre concurrentiel.
  • Le prochain gouvernement devra se concentrer sur la modernisation de la gouvernance numérique, l’amélioration de la productivité grâce aux nouvelles technologies et l’organisation d’un éventuel nouvel appel d’offres pour la 5G.

Le départ de Telefónica, qui a choisi de se retirer du marché latino-américain, a été officialisé cette semaine avec la vente de ses activités chiliennes à Millicom, un groupe européen. Cette transaction intervient dans un contexte de difficultés financières persistantes pour de nombreuses entreprises du secteur au Chili, comme l’a souligné Claudio Araya, sous-secrétaire aux télécommunications, à l’approche de la fin de son mandat.

Claudio Araya se montre optimiste quant à l’arrivée de Millicom, la considérant comme un signe de confiance dans le potentiel du marché chilien.

« L’entrée de Millicom est une bonne alternative, elle montre qu’une entreprise sérieuse du secteur voit encore un intérêt dans le marché chilien. Cela contraste un peu avec les messages selon lesquels l’industrie ne peut plus faire mieux. »

Claudio Araya, sous-secrétaire aux télécommunications

Il nuance toutefois cette perspective, reconnaissant que des tensions financières demeurent.

Selon le sous-secrétaire, Millicom bénéficie d’un soutien solide en tant qu’opérateur de télécommunications dans la région, ce qui en fait un acteur privilégié parmi les soumissionnaires. Il a rencontré Karim Lesina, vice-président exécutif de Millicom, après l’annonce de l’accord avec Telefónica, et a reçu l’assurance d’un investissement sérieux dans le pays.

Millicom prévoit une période d’évaluation avant de prendre des décisions stratégiques, ce qui, selon Araya, devrait éviter des mesures immédiates comme des licenciements ou des cessions d’actifs. L’objectif principal est de garantir la continuité opérationnelle de l’entreprise.

L’arrivée de Millicom permet de maintenir un modèle à quatre opérateurs au Chili. Cependant, Araya anticipe une possible concentration du marché à l’avenir, notamment en raison des investissements importants nécessaires pour le déploiement de la 6G et le renouvellement des réseaux.

« Il n’est pas exclu qu’il y ait une concentration sur le marché, car dans cinq ans nous parlerons de 6G, les entreprises devront à nouveau investir beaucoup dans le renouvellement des réseaux, dans le spectre, etc. Et, par conséquent, la situation financière ne sera pas suffisamment améliorée. »

Claudio Araya, sous-secrétaire aux télécommunications

Araya rappelle que le Chili a failli se retrouver avec seulement deux opérateurs, Telefónica annonçant son départ et WOM étant en restructuration financière (chapitre 11). Le maintien de quatre acteurs est donc perçu comme un équilibre fragile, susceptible d’évoluer dans les cinq prochaines années.

« Wom mérite un chapitre séparé »

Le cas de Wom a été particulièrement délicat pour le sous-secrétaire Araya, notamment en raison de ses échecs dans les appels d’offres pour la fibre optique (FON) et la 5G, ainsi que de ses difficultés financières qui l’ont contraint à une restructuration.

Araya explique que Wom, à l’arrivée de l’administration Boric, dépendait largement de réseaux tiers. L’entreprise a ensuite tenté de développer son propre réseau, en prenant des engagements envers l’État qu’elle s’est avérée incapable d’honorer.

« Ces engagements n’étaient pas tellement compatibles avec la situation financière réelle de l’entreprise. »

Claudio Araya, sous-secrétaire aux télécommunications

Un accord a été trouvé avec le nouveau conseil d’administration de Wom, après des garanties de sérieux. Cet accord prévoit un paiement de 31 % des frais de garantie du réseau 5G, ainsi qu’une indemnisation de 38 millions de dollars (USD) versée par tranches entre 2027 et 2030. L’État doit décider si cette indemnisation sera versée en espèces ou sous forme d’investissements, une décision qui sera prise en mars, en concertation avec la prochaine administration.

Araya souligne que l’alternative à cet accord aurait été la suppression de la concession de Wom, entraînant une concentration du marché.

« Le plan B consistait simplement à supprimer la concession, ce qui signifiait produire par la force une concentration du marché, parce qu’ils auraient dû partir. »

Claudio Araya, sous-secrétaire aux télécommunications

Ce qui attend le prochain gouvernement

Le sous-secrétaire Araya dresse un bilan positif de son mandat, citant notamment l’approbation de la loi reconnaissant l’accès à Internet comme un service public, l’intégration de technologies pour la gestion des urgences et l’agenda de sécurité visant à renforcer la collaboration dans la prévention des délits.

Il identifie deux domaines dans lesquels des progrès supplémentaires sont nécessaires : la gouvernance numérique, qui nécessite une approche plus intégrée, et la simplification des procédures d’autorisation, jugées obsolètes et trop lentes. Il espère que Romina Garrido, la future sous-secrétaire, pourra donner une impulsion à ces chantiers.

Araya insiste également sur la nécessité de garantir que les technologies numériques contribuent à améliorer la productivité du pays, ce qui renforcerait la viabilité des entreprises de télécommunications.

Enfin, le prochain gouvernement devra évaluer la pertinence d’organiser un nouvel appel d’offres pour la 5G, compte tenu de l’augmentation du nombre d’utilisateurs et de la dégradation potentielle de la qualité du service.

« C’est pourquoi je pense qu’un troisième appel d’offres pour la 5G devrait être lancé cette année et attribué début 2027. »

Claudio Araya, sous-secrétaire aux télécommunications

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