Publié le 5 novembre 2025. Un nouveau jugement du tribunal administratif de Düsseldorf autorise le renvoi de deux Syriens dans leur pays d’origine, arguant qu’ils n’y sont plus exposés à de graves menaces ni à la pauvreté. Cette décision intervient dans un contexte de débat politique sur la politique de retour des réfugiés syriens en Allemagne.
- Le tribunal de Düsseldorf a rejeté les recours de deux ressortissants syriens contre des décisions de l’Office fédéral des migrations et des réfugiés (BAMF).
- Selon le jugement, les régions d’origine des plaignants, Damas et Lattaquié, ne présentent plus de violences aveugles menaçant gravement leur vie ou leur intégrité physique.
- Les juges estiment que des programmes d’aide au retour existent et que la situation sécuritaire ne s’est pas détériorée cette année, excluant ainsi une « urgence générale ».
Dans deux affaires distinctes, le tribunal administratif de Düsseldorf a donné son feu vert à l’expulsion de ressortissants syriens vers leur pays. Les magistrats ont considéré que les deux hommes, un père de 46 ans et son fils de 26 ans, n’étaient plus en danger de mort ou de persécution dans leurs régions d’origine. Le jugement précise que si des actes de violence subsistent, ils sont désormais considérés comme des cas isolés et que la situation sécuritaire n’a pas empiré au cours de l’année écoulée.
Le tribunal a également écarté le risque de pauvreté à leur retour, soulignant l’existence de programmes d’aide et de retour. Selon les juges, ces informations, couplées aux conclusions actuelles sur la Syrie, ne justifient pas une « urgence générale », indépendamment du niveau de vie durable ou garanti à long terme dans le pays. Les deux Syriens avaient déjà vu leurs demandes de statut de réfugié rejetées en Autriche.
Ces décisions font écho à d’autres jugements similaires rendus récemment. En septembre, le tribunal administratif de Cologne avait déjà statué que tous les Syriens n’avaient pas droit à la protection de l’asile en Allemagne. En mai, le tribunal administratif fédéral de Karlsruhe avait également estimé qu’il n’y avait plus lieu de surseoir aux décisions concernant les demandes d’asile de Syriens.
Débat politique autour des retours de Syriens
La question du retour des réfugiés syriens alimente actuellement un vif débat politique en Allemagne. Johann Wadephul, membre de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) et vice-président du groupe CDU/CSU au Bundestag, a récemment exprimé des réserves concernant un retour massif, comparant la destruction de la Syrie à celle de l’Allemagne en 1945. Lors d’une réunion du groupe parlementaire, il a défendu son évaluation de la situation sur place.
À l’inverse, Friedrich Merz, président de la CDU, a clairement indiqué qu’il ne voyait plus de motif d’asile pour les Syriens depuis la fin de la guerre civile. « La guerre civile en Syrie est terminée. Il n’y a plus de raisons d’asile en Allemagne et c’est pourquoi nous pouvons commencer par les retours », a-t-il déclaré. Le porte-parole du gouvernement, Stefan Kornelius, a quant à lui indiqué que la discussion portait sur la reconstruction en Syrie et la création de conditions pour un retour ordonné des réfugiés, tout en soulignant la complexité constitutionnelle de la procédure.