Publié le 8 février 2026 à 19h01. La Chine vient de mettre en service la plus grande installation mondiale de stockage d’énergie par air comprimé (CAES), un pas crucial pour stabiliser son réseau électrique en pleine transition vers les énergies renouvelables.
- Cette installation, d’une capacité de 600 mégawatts (MW) et 2,4 gigawattheures, permettra d’alimenter jusqu’à 600 000 foyers.
- Le système utilise des cavernes souterraines de sel pour stocker l’air comprimé, une technologie plus efficace que les anciens systèmes CAES.
- Ce projet s’inscrit dans une stratégie nationale visant à installer 180 gigawatts de nouvelles capacités de stockage d’énergie d’ici 2027.
La Chine a franchi une nouvelle étape dans sa quête d’un réseau électrique plus fiable et durable avec la mise en service d’une installation de stockage d’énergie par air comprimé (Compressed Air Energy Storage, CAES) d’une ampleur inédite. Située dans la province orientale du Jiangsu, cette centrale de 600 MW (2,4 gigawattheures de capacité de stockage) est désormais opérationnelle et connectée au réseau, selon son exploitant, Harbin Electric Corp.
Ce n’est pas seulement un record technique pour la Chine, mais un élément clé de sa stratégie énergétique. Le pays connaît une croissance spectaculaire de la production d’énergie éolienne et solaire, comme le montre le développement rapide de l’énergie éolienne et solaire dans le pays. Cette abondance d’énergies intermittentes nécessite des solutions de stockage flexibles pour compenser les fluctuations de production et garantir un approvisionnement stable.
Le principe de fonctionnement de cette centrale repose sur une « batterie à air » géante. L’électricité excédentaire est utilisée pour comprimer de l’air, qui est ensuite stocké dans de vastes cavernes souterraines, initialement utilisées pour le stockage de gaz naturel. Lorsque la demande d’électricité augmente, l’air comprimé est relâché, entraînant des turbines pour générer de nouveau de l’électricité. L’innovation majeure de ce projet réside dans la récupération de la chaleur produite lors de la compression de l’air. Cette chaleur est stockée dans des accumulateurs thermiques (à sel fondu et à eau sous pression, par exemple) et réutilisée lors de la phase de détente, améliorant ainsi l’efficacité globale du système par rapport aux anciennes générations de CAES qui nécessitaient l’apport d’énergie fossile pour ce processus.
La production annuelle d’électricité de cette centrale devrait atteindre environ 792 gigawattheures, soit l’équivalent de la consommation électrique d’environ 600 000 foyers. Cette capacité est comparable à celle d’une centrale électrique au charbon, soulignant l’importance de cette installation dans le mix énergétique chinois.
Cette initiative s’inscrit dans une politique énergétique plus large, définie par l’Administration nationale chinoise de l’énergie (NEA) et la Commission nationale du développement et de la réforme (NDRC). Un plan ambitieux prévoit l’installation de plus de 180 gigawatts de « nouveaux » systèmes de stockage d’énergie – batteries, stockage à air comprimé et volants d’inertie – d’ici 2027, en complément des centrales hydroélectriques de pompage-turbinage existantes. La Chine, qui a vu des pénuries d’électricité et des coupures de courant affecter certaines régions au début des années 2020, accorde désormais une priorité absolue à la sécurité de son approvisionnement énergétique.
Selon les données de la NEA, la capacité solaire installée en Chine atteignait environ 1,2 térawatt à la fin de 2025, tandis que l’énergie éolienne s’élevait à environ 0,64 térawatt. Ensemble, ces deux sources représentaient 47 % de la production totale d’électricité. Le développement rapide de ces énergies renouvelables entraîne une augmentation des pics de production, mais aussi des périodes de faible production, nécessitant des solutions de stockage à court et moyen terme, comme celles offertes par le stockage à air comprimé, généralement conçu pour des durées de stockage de quatre à douze heures.