Publié le 26 février 2026 à 18h00. Le procureur général du Venezuela, Tarek William Saab, proche de Nicolás Maduro, a démissionné de son poste, marquant une nouvelle étape dans les bouleversements politiques qui secouent le pays après la capture de l’ancien président par les forces américaines.
Tarek William Saab a remis sa démission à l’Assemblée nationale, dominée par le parti chaviste, sans en préciser les raisons. Alfredo Ruiz, le médiateur (ombudsman) du Venezuela, a également quitté ses fonctions. Jorge Rodríguez, président de l’Assemblée et frère de l’actuelle présidente Delcy Rodríguez, a annoncé la mise en place d’une commission chargée de nommer leurs successeurs dans les prochains jours.
Saab occupait le poste de procureur général depuis 2017 et était largement considéré comme un acteur clé de la répression politique menée par le régime de Maduro. Sous son mandat, des enquêtes ont été ouvertes contre de nombreux opposants, dont María Corina Machado et Edmundo González. Son bureau a ordonné l’arrestation de centaines de militants et de personnalités politiques, et des organisations de défense des droits humains ont dénoncé des cas de torture et de décès en détention.
Cette démission intervient après l’adoption, le 19 février dernier, d’une loi d’amnistie visant à libérer les personnes emprisonnées pour leur participation à des manifestations politiques contre le chavisme depuis 1999. L’Assemblée nationale a annoncé la « libération immédiate » de plus de 2 000 personnes, un chiffre contesté par les organisations non gouvernementales qui surveillent la situation.
La défection de Saab s’inscrit dans un mouvement plus large de purge au sein de l’entourage de Maduro, qui a débuté en janvier. Alex Saab, un homme d’affaires originaire de Barranquilla (sans lien de parenté avec l’ancien procureur), et son épouse Camila Fabri ont également été écartés de leurs fonctions. Delcy Rodríguez a relevé Saab de ses fonctions au ministère de l’Industrie fin janvier, et Camila Fabri a été démis de son poste de vice-ministre de la Communication Internationale.
Selon un rapport du New York Times, les États-Unis auraient offert à Maduro la possibilité de quitter le pouvoir et de laisser la présidence à Delcy Rodríguez jusqu’en décembre 2025, une proposition à laquelle l’ancien président, désormais détenu, ne faisait pas confiance.