Bien que les marchés boursiers américains affichent un léger optimisme en cette fin de trimestre, la perspective d’une fermeture du gouvernement fédéral américain jette une ombre sur la publication des données économiques clés. Cette interruption administrative devrait retarder la diffusion des indices d’emploi et d’inflation, rendant l’orientation future de la politique monétaire européenne plus incertaine.
Les marchés de la zone euro, tout en surveillant de près les indicateurs d’inflation préliminaires publiés ce mercredi, semblent maintenir leur cap actuel. L’inflation, particulièrement en Allemagne, a montré des signes de légère surchauffe, une tendance soulignée par nos économistes. Cependant, ces derniers insistent sur le fait que ces chiffres ne doivent pas masquer les défis économiques plus larges qui se profilent.
À ce stade, les taux de la zone euro ne signalent pas de changement de perspective quant aux futures décisions de la Banque Centrale Européenne (BCE), qui semble toujours considérer une baisse de taux comme une probabilité modérée. Les rendements des obligations à plus long terme, quant à eux, semblent davantage réagir au sentiment changeant qui anime les marchés américains ces derniers jours.
Le rendement de l’obligation allemande à 10 ans (Bund) a ainsi légèrement reculé pour s’établir sous les 2,70%. De son côté, le rendement du Trésor américain à 10 ans a également diminué, passant d’un pic récent avoisinant les 4,2% à 4,12% à l’approche de la fin du mois, du trimestre et, bien sûr, de la potentielle fermeture du gouvernement américain.
Historiquement, l’impact économique d’une telle fermeture est souvent temporaire, suivi d’un rebond d’activité une fois les services gouvernementaux rétablis. La gravité de la situation dépendra de sa durée. Les signes politiques actuels suggèrent une période potentiellement prolongée, dans un contexte économique déjà sensible et aggravé par la menace de licenciements plus permanents dans la fonction publique.
Pour l’heure, les mouvements du marché ne traduisent pas de retournement majeur. Cependant, l’incertitude engendrée par la suspension des publications de données officielles, notamment sur l’emploi cette semaine et sur les prix la semaine prochaine, pourrait instiller une certaine prudence. Les marchés devront alors se tourner vers des indicateurs du secteur privé, tels que les données de paie privées.
Un point positif, cependant : les marchés seront épargnés par la volatilité souvent associée aux publications de données officielles, dont la fiabilité a été remise en question récemment. La BCE continuera son travail, mais devra s’appuyer davantage sur ses propres sources d’information, comme son « Livre Beige ».
Dans l’ensemble, nos économistes estiment que les éléments actuels justifient la poursuite de baisses de taux en octobre et décembre de cette année. Les dernières données disponibles, notamment les chiffres du commerce et la confiance des consommateurs, ont présenté une tendance « dovish » (favorable à des taux bas).
Événements et perspectives de marché pour le mercredi [Date à spécifier]
L’événement majeur pour les marchés de la zone euro sera la publication des chiffres préliminaires de l’inflation pour septembre. Le consensus anticipe une hausse annuelle de l’indice des prix à la consommation (IPC) supérieure à 2,2%, tandis que l’inflation sous-jacente devrait rester inchangée à 2,3%. Plusieurs représentants de la BCE, dont Kazimir, Kocher, Simkus, De Guindos et Nagel, prendront également la parole.
Aux États-Unis, les marchés suivront les chiffres de l’emploi et de la confiance des consommateurs. Pour le marché du travail, les marchés tablent sur une légère amélioration, avec un indice se situant sous le seuil de 50. Les données de l’emploi privé devraient indiquer une création de 51 000 postes, contre 54 000 le mois précédent. L’ADP pourrait bien être le seul indicateur du marché du travail disponible pendant un certain temps. Les responsables de la Fed Logan et Barkin sont également attendus pour des interventions.
Sur les marchés primaires, l’Allemagne procédera à une adjudication de Bunds à 10 ans pour 5 milliards d’euros, tandis que le Royaume-Uni mettra en vente des obligations pour 1,6 milliard de livres sterling.