Publié le 9 février 2026 03:49:00. Une nouvelle approche moins invasive de la stimulation du nerf hypoglosse (SNH), un traitement pour l’apnée obstructive du sommeil (AOS), offre un espoir aux millions de personnes touchées par ce trouble respiratoire, avec un taux de réussite initial prometteur.
- Une nouvelle électrode, plus petite et plus facile à implanter, a ouvert les voies respiratoires de 93 % des participants à un essai clinique.
- La procédure, guidée par échographie, dure environ 90 minutes et est moins douloureuse que les méthodes actuelles.
- Cette avancée pourrait rendre la SNH accessible à un plus grand nombre de patients, notamment ceux qui ne tolèrent pas la thérapie par pression positive continue (CPAP).
L’apnée obstructive du sommeil, caractérisée par des interruptions répétées de la respiration pendant le sommeil, est un problème de santé publique croissant. Elle est associée à un risque accru de maladies cardiovasculaires, de troubles cognitifs et même de démence. Si la CPAP reste le traitement de première intention, son efficacité est limitée par la difficulté pour de nombreux patients à l’accepter et à l’utiliser régulièrement – environ la moitié des patients renoncent à cette thérapie. La stimulation du nerf hypoglosse (SNH) représente une alternative prometteuse, mais son implémentation actuelle nécessite une intervention chirurgicale complexe et un implant volumineux.
Des chercheurs de l’Université Flinders en Australie ont exploré une solution pour simplifier et améliorer la SNH. Leur approche consiste à utiliser une électrode plus petite, insérée de manière moins invasive, pour stimuler le nerf hypoglosse, qui contrôle les muscles de la langue. L’objectif est d’empêcher la langue de bloquer les voies respiratoires pendant le sommeil.
Les résultats des premiers essais cliniques sont encourageants. Sur 14 participants, la nouvelle électrode a réussi à ouvrir les voies respiratoires dans 13 cas, soit un taux de réussite de 93 %. Dans certains cas, la stimulation a même permis de rétablir la respiration après un arrêt complet.
« Il s’agit d’une procédure de 90 minutes réalisée sous guidage échographique avec un minimum d’inconfort »,
Simon Carney, oto-rhino-laryngologiste, Université Flinders
L’équipe souligne également la possibilité d’utiliser cette nouvelle approche chez des patients qui étaient auparavant considérés comme inéligibles à la SNH.
Bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires pour confirmer ces résultats et évaluer la sécurité à long terme de cette technique, les perspectives sont prometteuses. Les prochaines étapes consisteront à affiner l’approche et à l’intégrer à des dispositifs portables. D’autres nerfs et muscles pourraient également être ciblés pour améliorer le flux d’air. L’étude a été publiée dans la revue Chest.
Selon Amal Osman, physiologiste et auteur principal de l’étude, cette nouvelle approche pourrait réduire les coûts et le temps de récupération, tout en améliorant les résultats pour les patients qui ne peuvent pas tolérer les traitements conventionnels.
« Notre objectif est de donner aux patients plus de choix et de meilleurs résultats. Cette étude montre qu’avec l’innovation et les bons outils, le traitement de l’apnée du sommeil peut devenir plus accessible, plus confortable, plus personnalisé et plus efficace. »
Danny Eckert, Université Flinders
Il est important de noter que cette étude a été menée dans un environnement de laboratoire avec un groupe limité de participants. Des essais cliniques à plus grande échelle sont nécessaires pour valider ces résultats dans des conditions réelles. La CPAP reste la méthode la plus efficace dans l’ensemble, mais la SNH améliorée pourrait offrir une alternative viable pour ceux qui ne peuvent pas l’utiliser.
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