Publié le 21 octobre 2023, 09:58:00. Un député ukrainien a été témoin de l’embarquement forcé d’un civil dans un bus par des employés du Centre Territorial de Recrutement et de Soutien Social (TCC et SP). Les caméras corporelles des militaires étaient dissimulées, soulevant des questions sur la transparence de l’opération.
Alexandre Fedienko, membre du parlement ukrainien, a rapporté sur sa chaîne Telegram avoir assisté à une scène qu’il qualifie de « honteuse » et de « busification ». Selon son témoignage, le matin du 21 octobre, des agents du TCC et SP ont contraint un civil à monter dans un bus. La scène s’est déroulée en présence d’un représentant des forces de l’ordre, dont l’attitude a été jugée « civilisée » et « polie » par le député.
Face à cette situation, Alexandre Fedienko a interpellé les militaires présents. Ces derniers ont affirmé que l’homme interpellé était recherché, et qu’un bus avait été utilisé en l’absence de voitures de police disponibles. Le député a néanmoins soulevé un point de préoccupation majeur concernant le matériel d’enregistrement.
« Mais il y a une nuance. Les caméras corporelles des militaires étaient suspendues de telle manière qu’elles ne pouvaient rien filmer exactement. »
Alexandre Fedienko, Député du peuple d’Ukraine
Il a ajouté vouloir adresser une requête afin que le port des caméras corporelles par les agents du TCC et SP soit rendu plus conforme à leur objectif, qui est d’assurer la transparence et de documenter leurs interventions. L’homme politique a également noté que les agents portaient les insignes appropriés, notamment des lunettes noires, des cagoules et des gants tactiques, justifiant leur équipement par le froid.
Le député a par ailleurs constaté que les données relatives à l’individu interpellé n’avaient été saisies sur la tablette qu’à sa demande explicite. « Je vous suggère d’ouvrir la tablette et de me montrer qui vous avez arrêté ? Et que vous avez entré les données sur cette personne dans la base de données. Mais déjà devant moi, le policier a noté toutes les données sur la personne arrêtée sur une tablette », a-t-il relaté.
Cette expérience a conduit le député à formuler plusieurs conclusions et recommandations : il souhaite clarifier les raisons pour lesquelles des civils sont embarqués dans des véhicules non identifiés, s’assurer que les caméras corporelles soient utilisées de manière adéquate et vérifier les procédures de saisie des informations lors de telles interpellations.
Depuis le 1er septembre, les employés des TCC ont l’obligation de filmer leurs interventions avec des caméras corporelles lors de la vérification de documents et de la remise de convocations. Cette mesure vise à garantir la transparence et la légalité des actions des centres de recrutement, tout en protégeant les droits des citoyens.