Publié le 2025-10-07 15:16:00. L’usage de la télémédecine pour les accidents vasculaires cérébraux (AVC) ischémiques aigus semble améliorer l’accès au traitement thrombolytique, mais au prix d’un délai d’intervention plus long, révèle une nouvelle étude.
- Les patients évalués via télémédecine ont une probabilité accrue de recevoir une thrombolyse.
- Cependant, leur temps moyen de prise en charge avant thrombolyse est allongé.
- Les transferts inter-hôpitaux compliquent encore davantage ces délais pour les patients en télémédecine.
Une analyse portant sur plus de 3 000 adultes victimes d’AVC ischémiques aigus, menée entre 2022 et 2023 dans 42 hôpitaux du Michigan, met en lumière les paradoxes de la télémédecine dans ce domaine. Ces travaux, publiés dans Jama Network Open, indiquent que 25,9% des patients ont bénéficié d’une évaluation par télémédecine. Parmi l’ensemble des participants, 55,1% ont reçu un traitement par thrombolyse.
Les résultats suggèrent que les patients évalués à distance avaient 1,61 fois plus de chances de se voir administrer ce traitement vital. Néanmoins, le délai entre l’arrivée du patient à l’hôpital et l’administration de l’injection du thrombolytique (communément appelé temps porte-à-aiguille) s’est allongé de 6,55 minutes en moyenne pour ce groupe. Pire encore, leur probabilité de respecter les recommandations de temps (60 minutes) a été réduite de 44% (odds ratio ajusté de 0,56).
Les difficultés s’accentuent pour les patients nécessitant un transfert entre établissements. Sur les 255 patients concernés, 81,2% ont reçu une thrombolyse. Pour ceux évalués par télémédecine, le temps d’attente avant traitement a explosé, atteignant un surcoût moyen de 46,90 minutes. « Nous savons que les temps de transfert pour les AVC constituent un problème majeur pour l’ensemble du système de soins, mais notre étude met en évidence des défis particuliers pour les patients pris en charge par télémédecine », a souligné dans un communiqué Deborah Levine, autrice principale de l’étude et chercheuse à l’Université du Michigan.
Cette étude soulève des questions cruciales sur l’optimisation des protocoles de télémédecine afin de concilier l’élargissement de l’accès aux soins et la rapidité d’intervention, essentielle pour minimiser les séquelles des AVC.