Publié le 19 février 2026 22:03:00. Une aide de 130 millions de couronnes norvégiennes (environ 11,6 millions d’euros) versée à l’International Peace Institute (IPI) est remise en question par d’anciens responsables norvégiens, qui estiment que cet investissement n’a eu que peu d’impact sur la réduction de la pauvreté dans le monde.
- L’ancien ambassadeur de Norvège à l’ONU, Morten Wetland, juge l’aide « quasiment nulle » pour les populations les plus démunies.
- Des révélations récentes mettent en lumière les liens entre les dirigeants de l’IPI, Terje Rød-Larsen et Mona Juul, et le criminel sexuel Jeffrey Epstein.
- L’ancienne ministre du Développement, Hilde Frafjord Johnson, critique le montant disproportionné de l’aide norvégienne à l’IPI par rapport à d’autres donateurs.
L’efficacité d’une aide substantielle de la Norvège à l’International Peace Institute (IPI), un groupe de réflexion basé à New York, est remise en question. Des critiques émergent après la publication de documents américains liant les figures clés de l’IPI, Terje Rød-Larsen et Mona Juul, à l’affaire impliquant Jeffrey Epstein, le financier américain condamné pour exploitation sexuelle de mineures.
Selon des informations révélées par Actualités panoramiques, l’IPI a reçu 130 millions de couronnes norvégiennes (environ 11,6 millions d’euros) de la Norvège. Morten Wetland, qui a occupé le poste d’ambassadeur de Norvège à l’ONU de 2008 à 2012, estime que cet investissement n’a pas eu l’effet escompté sur la lutte contre la pauvreté.
« Pour les pays en développement, je pense que l’effet de l’aide est à peu près égal à zéro – peut-être même inférieur à zéro. »
Morten Wetland, ancien ambassadeur de Norvège à l’ONU
Wetland souligne que, à l’époque, la Norvège semblait être l’un des rares pays à soutenir financièrement l’IPI. Il s’interroge sur la pertinence d’un tel engagement financier, surtout lorsque d’autres nations ne manifestaient pas le même intérêt.
L’ancienne ministre du Développement, Hilde Frafjord Johnson (KrF), partage cette préoccupation quant au volume de l’aide. Elle reconnaît que le soutien aux groupes de réflexion sur la paix n’est pas une priorité classique de l’aide au développement, tout en défendant l’importance de financer les initiatives de paix et de réconciliation.
« Cela fait de nombreuses années que je critique ce volume et j’ai de bonnes raisons de continuer à le porter d’un œil critique. La Norvège était un donateur trop important pour l’IPI. »
Hilde Frafjord Johnson, ancienne ministre du Développement (KrF)
Le ministère norvégien des Affaires étrangères se défend en affirmant que l’IPI a contribué à renforcer le travail de l’ONU en matière de paix et de sécurité, ce qui, selon lui, a indirectement amélioré les conditions de vie dans les zones de conflit. Le ministère conteste également l’affirmation de Wetland selon laquelle aucun autre pays n’aurait soutenu l’IPI, citant les contributions de la Grande-Bretagne, de la Suisse et des Pays-Bas.
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