Publié le 25 octobre 2025, 11h30. Tesla a annoncé des résultats record pour le troisième trimestre 2025, dépassant les attentes des analystes malgré une légère baisse du bénéfice par action. Cependant, des voix expertes s’interrogent sur la pérennité de cette croissance face à une concurrence accrue et à une politique commerciale plus agressive.
- Tesla a enregistré un chiffre d’affaires de 28,1 milliards de dollars et vendu près de 500 000 véhicules au T3 2025.
- L’expiration d’un crédit d’impôt aux États-Unis fin septembre a stimulé les ventes, incitant des acheteurs à anticiper leur achat.
- Des experts alertent sur une concurrence grandissante, notamment de la part du constructeur chinois BYD, et sur la pression exercée sur les marges par la baisse des prix.
Le constructeur de véhicules électriques Tesla a clôturé le troisième trimestre 2025 avec un chiffre d’affaires spectaculaire de 28,1 milliards de dollars, surpassant les prévisions des analystes qui tablaient sur 26,37 milliards. Avec 497 099 véhicules livrés, la firme basée au Texas signe ainsi le meilleur trimestre de son histoire. Malgré ce succès commercial, le bénéfice par action s’est établi à 50 cents, légèrement en deçà des 55 cents attendus, entraînant une réaction mesurée du marché boursier.
Cette envolée des ventes s’explique en partie par la fin imminente d’un crédit d’impôt fédéral aux États-Unis, d’une valeur de 7 500 dollars pour les voitures électriques. L’annonce de la suppression de cette aide par le président Donald Trump a poussé de nombreux consommateurs américains à finaliser leur achat avant l’échéance, créant un pic de demande pour la marque. Le portail Teslamag souligne que Tesla a ainsi vendu environ 2 000 véhicules de plus qu’au troisième trimestre de l’année précédente. Fait notable, le nombre de véhicules produits (447 450) a été inférieur au volume des ventes, indiquant une gestion optimisée des stocks ou une forte demande.
Des modèles « gris » et une concurrence qui monte
Malgré ces chiffres impressionnants, le renommé expert automobile Ferdinand Dudenhöffer, surnommé « le pape de l’automobile » en Allemagne, tempère l’enthousiasme. Il prédit un ralentissement, estimant que les modèles de Tesla ont « gris », c’est-à-dire qu’ils manquent de nouveauté et d’attrait face à une offre toujours plus large. La pression concurrentielle est effectivement significative, comme le souligne Dudenhöffer, citant notamment la montée en puissance du constructeur chinois BYD. Sur les neuf premiers mois de 2025, BYD a vendu 1,606 million de véhicules 100% électriques, surpassant ainsi les 1,218 million de Tesla sur la même période.
Guerre des prix et marges sous pression
Pour stimuler ses ventes, notamment après la fin des subventions aux États-Unis, Tesla a procédé à d’importantes réductions de prix sur ses modèles d’entrée de gamme, comme le Model Y, dont le prix a chuté de près de 6 000 euros en Allemagne. Cette stratégie, bien que soutenant le volume, inquiète les analystes quant à son impact sur les marges bénéficiaires. La réduction des coûts de production pourrait ne pas suffire à compenser la baisse des tarifs de vente.

Si la marge brute du troisième trimestre s’est maintenue à 18%, supérieure aux attentes, les experts, dont Dudenhöffer, s’attendent à une érosion au quatrième trimestre. La marge d’exploitation a déjà chuté de 10,8 % à 5,8 % par rapport à 2024. Pour l’ensemble de l’année 2025, les analystes prévoient une baisse des livraisons de 8,5 %.
L’avenir de Tesla : au-delà de la voiture ?
Pour le patron de Tesla, Elon Musk, l’avenir de son entreprise ne réside pas uniquement dans la vente de voitures. Il met l’accent sur le développement des robotaxis et des robots humanoïdes comme prochains vecteurs de croissance majeurs. Cependant, il doit composer avec une concurrence internationale tout aussi active dans ces domaines prometteurs.
Ferdinand Dudenhöffer conclut en soulignant l’impact des décisions politiques et des dynamiques de marché sur l’industrie automobile. Pour Tesla, cela signifie devoir naviguer dans un environnement de plus en plus complexe, où les performances du passé ne garantissent pas les succès futurs.