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Test de grossesse créé… pour des squelettes vieux de 1 000 ans

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Publié le 2025-10-19 21:39:00. Des archéologues développent une technique innovante permettant de détecter des traces d’hormones dans les squelettes anciens. Cette méthode pourrait révolutionner la compréhension des grossesses et des accouchements chez les femmes du passé, révélant une dimension jusqu’alors largement méconnue de leurs vies.

Une avancée scientifique promet de lever le voile sur un aspect intime et essentiel de l’histoire des femmes : la grossesse. Des chercheurs travaillent actuellement sur une méthode permettant de déterminer si une femme était enceinte ou avait récemment accouché au moment de sa mort, en analysant ses restes squelettiques. Cette technique pourrait potentiellement offrir des résultats des milliers d’années après la conception, une échelle de temps inimaginable par rapport aux tests de grossesse actuels qui ne sont efficaces que quelques jours ou semaines après la fécondation.

La clé de cette découverte réside dans la détection de traces d’hormones spécifiques – œstrogène, progestérone et testostérone – dans les os. Des études ont déjà démontré la possibilité de repérer ces substances dans les ossements de femmes ayant vécu entre le Ier et le XIXe siècle. Cette capacité ouvre la voie à des analyses futures pour identifier les périodes de grossesse au moment du décès des individus étudiés.

Identifier une grossesse sur des restes humains peut s’avérer complexe. Le fœtus n’ayant pas toujours développé de squelette distinct, il peut laisser peu de traces visibles. De plus, lorsque des restes sont découverts des siècles plus tard, les petits os d’un fœtus en développement peuvent être facilement confondus avec ceux des mains de la mère, souvent positionnées sur son abdomen lors de l’inhumation.

Une femme tient un test de grossesse positif montrant deux lignes.

Les hormones recherchées par les tests de grossesse modernes se dégradent rapidement après le décès.

VIKTORIA DIKAREVA/GETTY IMAGES

Contrairement aux tests de grossesse classiques qui ciblent la gonadotrophine chorionique humaine (hCG) dans l’urine ou le sang – une hormone qui se décompose rapidement après la mort –, les œstrogènes, la progestérone et la testostérone laissent des traces plus durables dans les tissus corporels. La présence de testostérone a d’ailleurs déjà été détectée dans les cheveux de momies égyptiennes, confirmant la longévité de certaines signatures hormonales.

Le Dr Aimée Barlow, doctorante à l’Université de Sheffield, a exprimé son enthousiasme auprès du New Scientist : « L’expérience physiologique et émotionnelle de la grossesse, de la fausse couche et de l’accouchement est d’une profonde importance pour les femmes, mais jusqu’à présent, elle est restée largement invisible dans les archives archéologiques. Cette méthode a le potentiel de révolutionner notre étude des histoires reproductives des populations passées. Je suis sincèrement ravie. »

L’équipe de recherche a analysé des fragments d’os, notamment des côtes, des dents et un os du cou, provenant de sept femmes et d’un homme. Ces individus étaient enterrés dans des cimetières anglais. L’analyse a révélé la présence de restes fœtaux chez deux femmes, tandis que deux autres étaient inhumées aux côtés de nouveau-nés.

Des niveaux élevés de progestérone ont été identifiés dans la colonne vertébrale d’une jeune femme décédée il y a 700 à 1 000 ans, alors qu’elle était enceinte à terme. Des traces de cette même hormone ont également été retrouvées dans la côte d’une femme décédée au cours du troisième trimestre de sa grossesse aux XVIIIe ou XIXe siècles. De plus, la progestérone était présente dans la plaque dentaire de deux femmes enterrées avec des bébés entre le Ve et le VIe siècle. Ces quatre femmes ne présentaient pas de traces de testostérone dans leurs os, contrairement aux trois autres individus étudiés.

« L’absence de testostérone pourrait indiquer une grossesse récente ou en cours au moment du décès », suggère le Dr Barlow.

Cette découverte marque une intersection fascinante et inattendue entre l’archéologie et la biochimie. Ces nouvelles techniques pourraient permettre de détecter de manière plus fiable les grossesses sur des restes squelettiques, offrant ainsi un éclairage plus précis sur la reproduction des femmes dans l’Antiquité.

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