Publié le 2025-10-25 16:47:00. Le deuxième ligne des Bulls et des Springboks, Jan-Hendrik Wessels, a écopé d’une suspension de neuf semaines pour une agression présumée sur les testicules d’un joueur adverse, malgré une absence de preuves vidéo définitives. La décision, jugée controversée, repose sur les témoignages recueillis par le commissaire à la citation et le joueur victime.
Le joueur sud-africain Jan-Hendrik Wessels, pilier des Bulls et des Springboks, a été suspendu pour neuf semaines. La sanction lui a été infligée suite à un incident survenu le 17 octobre lors d’une rencontre de United Rugby Championship (URC) contre Connacht. L’accusation porte sur une agression présumée des testicules du flanker de Connacht, Josh Murphy.
Malgré une absence de preuves vidéo concluantes, le comité disciplinaire a basé sa décision sur les témoignages recueillis. Le rapport complet, obtenu par Planet Rugby, révèle que la décision a été prise selon une « prépondérance des probabilités », une norme de preuve inférieure à celle exigée dans les affaires pénales (« au-delà de tout doute raisonnable »). Il incombait donc à Jan-Hendrik Wessels et à sa défense de prouver que le commissaire à la citation, Peter Ferguson, avait eu tort de le traduire devant le comité.
Des témoignages clés face à des preuves vidéo limitées
Dans son rapport, le commissaire à la citation Peter Ferguson détaille les éléments ayant motivé sa décision. Il a recueilli le témoignage de Josh Murphy, qui a décrit avoir senti ses testicules « saisis et tordus » pendant « trois à cinq secondes ». Murphy a réagi « avec une détresse visible et audible », s’exclamant à plusieurs reprises dans le micro de l’arbitre : « Il m’a attrapé juste ici ! », tout en désignant sa zone inguinale. Son récit a été jugé « clair et cohérent » par le comité.
La vidéo, bien que n’offrant pas une « confirmation visuelle irréfutable du point de contact exact », a néanmoins été analysée. Le rapport mentionne que le flux télévisé montre « clairement le coude droit de Wessels au sol et sa tête tournée vers Murphy ». Parallèlement, « le bras gauche de Wessels, partiellement masqué, peut être vu se déplacer selon un arc non naturel vers la région de l’aine de Murphy ». Ce mouvement, selon le commissaire, « n’est pas cohérent avec une action légitime de rucking, de saisie ou de liaison ». Ferguson, présent sur le terrain à environ 20 mètres de l’incident, a corroboré la séquence des événements décrite par Murphy.
La défense de Wessels mise à mal
La défense de Jan-Hendrik Wessels a tenté de discréditer les preuves présentées. Ils ont soulevé des incohérences dans les déclarations concernant la distance de l’incident et le délai du contact. Ils ont également argumenté que les officiels du match étaient mieux placés pour juger de l’infraction et que la technologie n’avait pas permis d’identifier l’acte. De plus, l’absence de preuves physiques ou médicales pour étayer l’allégation a été mise en avant, citant des précédents cas où des accusations avaient été rejetées faute de preuves « claires, convaincantes et exactes ».
Pour sa part, Jan-Hendrik Wessels a expliqué qu’il cherchait à se dégager de Murphy après avoir ressenti une pression sur son genou lors d’un ruck. Il a affirmé avoir utilisé son bras gauche pour se libérer et soulager la pression, reconnaissant une possible touche dans la zone de l’aine, mais niant toute intention de saisir ou de tordre. Cette version a été rejetée par Josh Murphy, qui a maintenu sa déclaration d’un acte délibéré.
Une décision controversée
Le comité disciplinaire a finalement conclu que Jan-Hendrik Wessels s’était rendu coupable de jeu déloyal. « Le joueur a commis un acte de jeu déloyal en attrapant et en tordant les testicules de C6, comme le prétendent C6 et le commissaire à la citation », a statué le comité. Bien que la vidéo n’ait pas été décisive, elle a été jugée cohérente avec cette conclusion. Le comité a considéré le témoignage oral de Wessels comme « bref » comparé à celui de Murphy, jugé « clair et détaillé ».
La nature de l’acte a été qualifiée de « directe et intentionnelle », atteignant le seuil d’un carton rouge. Le comité a reconnu une divergence dans la durée de l’incident rapportée par Murphy, mais a jugé que cela n’affectait pas les points fondamentaux de son témoignage. Malgré le fait que Murphy puisse avoir ses propres intérêts à défendre, son témoignage a été jugé crédible.