Home Économie Tout le monde parle de ce que l’IA peut faire aujourd’hui. Et à juste titre

Tout le monde parle de ce que l’IA peut faire aujourd’hui. Et à juste titre

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Publié le 26 février 2026 08h34. Une nouvelle vague d’agents d’intelligence artificielle capables d’agir de manière autonome bouleverse les marchés financiers et technologiques, suscitant à la fois espoirs et inquiétudes quant à l’avenir du travail et de l’investissement.

  • Des agents d’IA, bien plus avancés que les simples chatbots comme ChatGPT, sont désormais capables d’écrire et de tester des milliers de lignes de code, livrant des applications fonctionnelles.
  • Cette avancée technologique rapide provoque une chute des actions de certaines entreprises spécialisées dans les logiciels et les services aux entreprises, tandis que les investisseurs s’interrogent sur l’impact à long terme sur le marché du travail.
  • La course à la suprématie de l’IA s’intensifie, avec des tensions géopolitiques et des débats sur l’utilisation militaire de ces technologies.

Le développement rapide d’agents d’IA autonomes marque un tournant majeur dans le domaine technologique. Alors qu’il y a encore peu de temps, ChatGPT se limitait à répondre à des questions, ces nouveaux agents sont capables d’accomplir des tâches complexes de manière indépendante, notamment la création et le test de logiciels. « Nous sommes à un point d’inflexion », résume Shay Boloor du cabinet de conseil Futurum Group, prévoyant que des millions d’agents d’IA géreront bientôt des tâches traditionnellement réservées aux humains.

Ce basculement a été amorcé par le lancement de modèles d’IA de plus en plus performants, notamment les dernières versions d’OpenAI et d’Anthropic. L’émergence en novembre de l’agent d’IA autonome OpenClaw, comparé par certains à l’assistant virtuel « Jarvis » du film Iron Man, a également contribué à accélérer cette tendance. Peter Steinberger, le créateur d’OpenClaw, a d’ailleurs été recruté par OpenAI, signe des ambitions croissantes de la startup californienne dans le domaine des agents d’IA.

La compétition dans ce secteur ne se limite pas à la sphère commerciale. Anthropic a récemment dénoncé une « campagne d’attaque par distillation » menée par trois laboratoires chinois – DeepSeek, Moonshot AI et MiniMax – qu’elle accuse d’utiliser des méthodes frauduleuses pour extraire les capacités de son modèle Claude. Selon l’entreprise, ces sociétés auraient effectué plus de 16 millions d’interactions via quelque 24 000 comptes frauduleux afin de former des modèles moins puissants basés sur les résultats de Claude, une pratique qu’elle qualifie de « distillation illicite ».

Cet essor de l’IA a déjà des répercussions sur les marchés financiers. De nombreux investisseurs y voient une menace existentielle pour les développeurs de logiciels, en particulier ceux qui fournissent des services aux entreprises. Monday.com, spécialisé dans la collaboration sur le lieu de travail, ainsi que Salesforce et Thomson Reuters, avec leurs divisions de fiscalité, de comptabilité et de logiciels d’entreprise, ont vu la valeur de leurs actions chuter de 30 % ou plus à Wall Street en quelques jours. « Un PDG m’a dit l’autre jour : ‘Je n’ai plus besoin de consultants. J’en ai un dans ma poche’ », illustre Jason Schloetzer, professeur de management à l’université de Georgetown.

Cependant, Dan Ives, analyste chez Wedbush, tempère cet enthousiasme, estimant qu’il s’agit d’une « exagération ». « L’idée selon laquelle ces modèles remplaceraient simplement les sociétés de logiciels professionnels et de cybersécurité est une pure fiction », affirme-t-il.

Parallèlement, la compétition pour la suprématie de l’IA s’étend au domaine géopolitique et militaire. Le Département de la Défense des États-Unis a demandé à Anthropic d’accepter une utilisation militaire sans restriction de sa technologie, sous la menace d’invoquer le Defence Production Act en cas de refus. Ce désaccord porte sur le refus d’Anthropic de permettre l’utilisation de son modèle Claude pour la surveillance de masse des citoyens américains ou dans des systèmes d’armes entièrement autonomes. OpenAI et Google pourraient également recevoir des autorisations similaires pour opérer dans des environnements classifiés.

Malgré les dépenses massives en infrastructures d’IA qui inquiètent certains investisseurs, Shay Boloor reste convaincu que « le risque n’est pas d’investir trop mais d’investir trop peu » dans cette technologie transformatrice. Jason Schloetzer souligne que l’impact économique de l’IA pourrait ne pas être pleinement visible avant plusieurs années, à l’instar d’Internet qui a mis du temps à devenir un élément essentiel de la vie quotidienne. « Soudain, de toutes nouvelles entreprises ont commencé à exister, qui n’avaient aucun attrait économique sans Internet, comme Netflix », compare-t-il.

L’inquiétude suscitée par l’IA dépasse largement le secteur technologique. Un récent article de blog de l’entrepreneur américain Matt Shumer, intitulé « Something Big Is Happening », prévoit que l’IA prendra le relais dans des domaines tels que le droit, la finance, la comptabilité, le conseil et la médecine. Il anticipe que l’expérience des travailleurs technologiques, constatant que l’IA « fait mon travail mieux que moi », aura un impact significatif sur le secteur des services.

Certains analystes ont critiqué les prévisions de Shumer, les qualifiant d’« émeute » motivée par la peur. L’analyste Dan Ives estime que les marchés finiront par se stabiliser. « Nous atteindrons bientôt un carrefour où la situation va s’apaiser », conclut-il.

(AFP, EFE)

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