Publié le 2025-10-17 03:55:00. Des scientifiques ont mis au jour des indices d’un impact d’astéroïde majeur survenu il y a 11 millions d’années en Australie-Méridionale. Cette découverte, révélée par l’analyse de minuscules fragments de verre naturel, ouvre une nouvelle page de l’histoire géologique de la Terre.
- Des fragments de verre, appelés tectites, attestent d’une collision cosmique il y a 11 millions d’années.
- Ces tectites, d’une composition chimique inédite, suggèrent un événement d’impact distinct de ceux déjà répertoriés.
- Le cratère d’impact d’origine, d’une taille potentiellement colossale, reste pour l’heure introuvable.
Les chercheurs ont découvert des preuves d’un ancien événement cataclysmique, survenu il y a environ 11 millions d’années dans le sud de l’Australie. Contrairement à ce que l’on pourrait attendre, cette preuve n’est pas un cratère géant, mais des fragments de verre naturel appelés tectites. Ces précieux indices, décrits dans la revue scientifique *Earth and Planetary Science Letters* sous le titre « Un nouveau champ de souches de tectite en Australie éjecté d’un cratère d’impact d’arc volcanique il y a 11 millions d’années », pourraient bien réécrire certains chapitres de l’histoire géologique terrestre. Ils offrent en outre des perspectives nouvelles sur la réaction de notre planète aux collisions cosmiques et sur la manière dont de tels événements sculptent sa surface sur de vastes échelles de temps.
Les tectites sont des formations de verre naturel résultant de l’impact d’un corps céleste, comme une météorite ou un astéroïde, avec la surface terrestre. L’immense énergie dégagée lors d’une telle collision provoque une chaleur extrême, capable de faire fondre les roches. Les matériaux ainsi liquéfiés sont ensuite projetés à grande distance avant de se refroidir rapidement en petits éclats de verre, souvent sombres.
« Ces petits fragments de verre sont comme des capsules temporelles d’une époque très lointaine de l’histoire de notre planète. »
Professeur Fred Jourdan, École des sciences de la Terre et des planètes, Université Curtin
Selon le professeur Fred Jourdan de l’Université Curtin, les tectites découvertes en Australie-Méridionale présentent des caractéristiques jusqu’alors inconnues. « Ils se sont formés lorsqu’un astéroïde a heurté la Terre, faisant fondre les roches et dispersant les débris dans toutes les directions », a-t-il expliqué, cité par Science Daily. « Ces petits fragments de verre sont comme des capsules temporelles d’une époque très lointaine de l’histoire de notre planète. »
Cependant, un aspect particulièrement intriguant est l’absence totale du cratère d’impact. Si l’on s’attendait à une structure de plusieurs dizaines de kilomètres de diamètre compte tenu de l’énergie supposée de l’événement, sa disparition pose un véritable mystère.
Anna Musolino, doctorante à l’Université d’Aix-Marseille et auteure principale de l’étude, souligne que ces nouvelles tectites se distinguent non seulement par leur ancienneté, mais aussi par leur composition chimique unique. À titre de comparaison, les tectites australasiennes, formées il y a environ 780 000 ans, s’étendent sur une vaste zone allant de l’Asie du Sud-Est à l’océan Indien. Les tectites nouvellement identifiées, datant de 11 millions d’années et découvertes uniquement en Australie-Méridionale, suggèrent un événement d’impact majeur bien antérieur à l’existence humaine.
« Ces tectites ont environ 11 millions d’années et présentent une chimie inhabituelle ; elles représentent un événement d’impact complètement distinct du célèbre champ de tectites australasien », précise Anna Musolino.
Malgré les indices clairs fournis par les tectites, l’origine exacte de l’impact, c’est-à-dire le cratère, reste insaisissable. Les scientifiques émettent l’hypothèse qu’il pourrait être enseveli sous des sédiments, érodé par le temps ou dissimulé sous des couches volcaniques. Les recherches comparatives avec d’autres champs de tectites à travers le monde – notamment en Amérique centrale, en Afrique et en Europe de l’Est – n’ont pas permis d’établir de lien. Les tectites d’Australie du Sud demeurent ainsi singulièrement isolées, tant par leur âge que par leurs caractéristiques chimiques.