Publié le 26 octobre 2023. Dans la New Forest, au sud de l’Angleterre, des centaines de cochons se livrent depuis la mi-septembre à une pratique ancestrale, le pannage, consistant à consommer les glands et autres fruits de saison. Cette méthode, qui remonte à plus de 900 ans, joue un rôle crucial dans la préservation de la biodiversité locale en évitant l’empoisonnement d’autres animaux.
- Entre 200 et 600 porcs participent actuellement au pannage dans la New Forest.
- Cette pratique permet d’éviter l’intoxication de poneys et bovins par les glands, toxiques pour eux.
- Le pannage contribue à un meilleur équilibre écologique en favorisant la décomposition des matières organiques.
La New Forest, une réserve de près de 560 km² créée en 1079 par Guillaume le Conquérant, est le théâtre de cette technique médiévale de gestion environnementale. Le pannage consiste à laisser les porcs se régaler de glands, de châtaignes et de faînes de hêtre. Ces fruits, bien que nourrissants pour les cochons, sont en revanche hautement toxiques pour les chevaux et les vaches. Une consommation excessive peut entraîner une intoxication grave, voire mortelle, pour ces derniers. En régulant la présence de ces fruits, les porcs jouent donc un rôle sanitaire essentiel pour les autres habitants de la forêt.
Pour cette saison de pannage, qui a débuté en septembre en raison d’une récolte de glands exceptionnelle, les porcs sont équipés d’un anneau sur le museau afin de limiter les fouilles excessives. Ils sont également identifiés. Cette période, qui devait initialement se terminer le 28 novembre, pourrait être prolongée si l’abondance des fruits persiste. Cette tradition, qui avait connu son apogée au XIXe siècle avec plus de 6 000 porcs impliqués, est aujourd’hui supervisée par les « agisters », des gardiens chargés d’autoriser et de surveiller l’activité, perpétuant ainsi un usage ancestral du territoire combinant gestion environnementale, culture et durabilité.
Au-delà de son rôle préventif contre les empoisonnements, le pannage améliore la biodiversité. En éliminant l’excès de graines et en favorisant la décomposition de la matière organique, les porcs contribuent à un meilleur équilibre écologique au sein de la forêt. Les glands, fruits du chêne pédonculé, contiennent des tanins qui, en grande quantité, sont particulièrement nocifs pour le système digestif des équidés et des bovins.
Les visiteurs de la New Forest sont invités à la prudence durant cette période. Il leur est rappelé que les porcs ne respectent pas la signalisation routière. Les autorités recommandent de maintenir une distance de sécurité, de ne pas les nourrir et de conduire prudemment sur les routes forestières intérieures. Cette tradition séculaire, qui témoigne de la coexistence harmonieuse entre humains, animaux et nature, prouve qu’il est possible de préserver l’équilibre écologique sans recourir systématiquement aux technologies modernes.