Publié le 2025-10-19 20:36:00. Des archéologues en Bohême occidentale ont mis au jour un trésor exceptionnel composé de près de 500 pièces d’or et d’argent d’origine celtique, ainsi que des bijoux précieux, datant de plus de deux millénaires. Ces découvertes, réalisées sur un champ agricole, offrent un aperçu fascinant des échanges commerciaux et culturels de la fin de l’âge du fer.
- Près de 500 monnaies celtiques en or et argent, ainsi que des bijoux, ont été découverts.
- La période couverte s’étend du VIe au Ier siècle avant J.-C.
- Les objets, dont de nombreuses petites pièces, portent des motifs distinctifs et parfois inspirés de l’art hellénistique.
La découverte fortuite a débuté en 2021, lorsqu’un archéologue amateur a signalé un fragment de pièce d’or aux autorités. Une enquête approfondie a alors été lancée sur un champ cultivé de la région de Pilsen, dont l’emplacement exact a été tenu secret pour préserver son intégrité.
Dirigée par Pavel Kodera, conservateur du musée et de la galerie de la région nord de Pilsen à Mariánská Týnice, l’équipe s’attelle désormais à cataloguer ces artefacts. Le trésor comprend non seulement des monnaies, souvent minuscules (environ 7 à 15 millimètres de diamètre), mais aussi des lingots d’or, des fragments de métal brut, ainsi que des boucles d’oreilles et des fragments de bracelets en or. Les motifs des monnaies, bien que de petite taille, sont d’une grande netteté et reproduisent souvent des chevaux, des sangliers, des symboles solaires, et parfois des traits évoquant les portraits hellénistiques, témoignant d’une influence grecque dans l’art celtique de l’époque.
Le site archéologique présente une particularité : il se situe sur un champ cultivé depuis des siècles et toujours en exploitation. Les fouilles ne peuvent donc se dérouler qu’après la récolte et avant les nouvelles semailles, contraignant les archéologues à des campagnes de terrain courtes et nécessitant une planification méticuleuse pour enregistrer chaque découverte, même la plus infime.
Ces découvertes s’inscrivent dans un contexte plus large de riches découvertes archéologiques en Bohême. Récemment, une colonie de l’âge du fer celtique a été mise au jour en Bohême orientale, révélant des moules à monnaie, des fours et des preuves d’activités artisanales, signe d’une économie dynamique. L’ensemble de ces trouvailles, à Pilsen et ailleurs, illustre la circulation des métaux précieux, des idées et des biens à travers l’Europe centrale à la fin de l’âge du fer.
La préservation de cet héritage fragile représente un défi majeur pour les archéologues. Les artefacts, disséminés dans des terres labourées, ont perdu une partie de leur contexte historique. Chaque objet doit être précisément géolocalisé et manipulé avec le plus grand soin pour conserver les moindres traces d’usure ou de corrosion, susceptibles d’éclairer leur utilisation et leurs échanges. Une course contre la montre est également engagée : l’exposition à l’air et à l’humidité risque d’altérer rapidement les métaux enfouis pendant des millénaires, surtout lorsqu’il s’agit d’alliages d’or, d’argent ou de bronze.
Pour surmonter ces difficultés, les restaurateurs travaillent dans des conditions climatiques contrôlées et utilisent des techniques d’imagerie non invasives pour étudier la structure des artefacts avant tout nettoyage ou stabilisation. Ces étapes sont cruciales pour permettre aux futurs chercheurs d’examiner les matériaux sans compromettre leur valeur scientifique. Une analyse isotopique est également prévue pour déterminer l’origine de l’or, en comparant ses signatures isotopiques à celles de sources connues, locales ou lointaines.
Conformément au droit du patrimoine tchèque, qui considère les découvertes archéologiques comme un bien public, le découvreur initial a fait appel à des professionnels. Ce cadre légal favorise la collaboration et assure que les sites soient étudiés dans le respect de leur contexte archéologique.
Une partie de ce trésor historique est désormais visible au Musée et galerie de la région nord de Pilsen à Mariánská Týnice. Seule une sélection des pièces les plus stables y est exposée, tandis que les artefacts les plus sensibles font encore l’objet d’études approfondies avant une diffusion publique plus large. Les chercheurs cherchent à comprendre la nature des activités qui se déroulaient sur ce site : s’agissait-il de rencontres commerciales, religieuses, annuelles, ou d’un marché plus régulier ? La présence de monnaies, qui ont pu être manipulées, perdues ou déposées lors de rituels, suggère l’existence d’un lieu d’échanges ou de rassemblement.