Publié le 2025-10-29 06:35:00. Trinité-et-Tobago a ordonné l’expulsion de 200 immigrants vénézuéliens, une décision qui aggrave les tensions diplomatiques entre les deux nations. Cette mesure s’inscrit dans un contexte de politique migratoire plus stricte de la part du gouvernement de Port-d’Espagne, dans un climat déjà tendu par la présence d’un navire de guerre américain dans la région.
- Le ministère de la Sécurité nationale de Trinité-et-Tobago a ordonné le placement en centre de détention d’au moins 200 Vénézuéliens en vue de leur expulsion.
- Cette décision est directement liée à la politique d’immigration mise en place par la Première ministre Kamla Persad-Bissessar.
- Les relations entre Trinité-et-Tobago et le Venezuela se sont dégradées suite à l’arrivée au pouvoir de Kamla Persad-Bissessar, dont le discours est aligné sur celui de Washington en matière de lutte contre l’immigration irrégulière.
Le Secrétaire permanent du ministère de la Sécurité nationale, Videsh Maharaj, a formalisé ce mardi 28 octobre 2025 la demande d’arrestation et d’expulsion de tous les immigrants en situation irrégulière, la communauté vénézuélienne étant la plus nombreuse sur l’archipel. Ces expulsions de masse s’effectueront sans supervision individuelle préalable des autorités, dans le cadre d’un « exercice d’immigration ». Cette décision intervient alors que la Première ministre avait promis des actions rapides concernant sa politique migratoire, répondant aux journalistes le 15 août par un simple « bientôt ».
La détérioration des relations bilatérales a débuté en mai de cette année, avec l’arrivée au pouvoir de Kamla Persad-Bissessar. Elle a accusé l’administration précédente de n’avoir pas géré adéquatement l’immigration irrégulière, qu’elle associe à une augmentation de la criminalité.
« C’est ce qu’ils ont permis que cela se produise au cours des dix dernières années. Nos prédécesseurs n’ont pas tenté de séparer les immigrants vénézuéliens qui fuyaient légitimement leur pays de ceux qui sont venus ici avec des intentions criminelles », avait déclaré Persad-Bissessar à l’époque.
Parallèlement, l’arrivée dans le port de Port-d’Espagne, dimanche, du navire américain « USS Gravely », dans le cadre d’exercices militaires et de la mission de surveillance du trafic de drogue dans la région, a accru les tensions. En réponse à ces développements, le parlement vénézuélien a déclaré Kamla Persad-Bissessar « persona non grata » le même jour. Le président de l’Assemblée nationale, Jorge Rodríguez, a exprimé son mécontentement :
« Cette dame permet que Trinité-et-Tobago soit utilisée comme porte-avions contre le Venezuela et nous allons agir de toutes les manières possibles pour que le Venezuela soit respecté ».
Jorge Rodríguez, président de l’Assemblée nationale
Contactée par l’AFP, la Première ministre de Trinité-et-Tobago a minimisé l’impact de cette déclaration, affirmant qu’elle « n’a aucun effet sur ma vie ».